jeudi 4 février 2010

AIDONS LES MIRACULÉS DU SÉISME A GARDER LEUR ESTIME

Un tremblement de terre des plus dévastateurs leur est tombé dessus. C’est soudain l’enfer en Haïti. Les survivants sont complètement sonnés, effarés réalisant à peine ce qui leur arrivait. Et maintenant ils n’ont plus le temps de penser car la désolation ambiante est immense, la réalité dépasse l’entendement. Des milliers de cadavres jonchent les rues ; plusieurs centaines de milliers sont ensevelis sous des amas de décombres.

De partout pleuvent les pourquoi sans réponse. Ne pouvant accuser Dieu d’une
énormité si macabre, vers lui ils se tournent malgré tout l’implorant de les protéger contre les nombreuses répliques et les effets désastreux du séisme qui à coup sûr s’en suivront. Que leur reste-t-il à faire eux survivants reconnaissants sinon remercier Dieu de les avoir épargnés?

Les jours passent et avec eux l’espoir de retrouver des survivants. Ils ne parlent même plus d’enterrer leur mort sachant que le processus d’identification de cadavres en putréfactions n’existe pas chez eux. Leur gouvernement leur parle à peine, n’essayant même pas de les consoler ou de les donner un peu d’espoir pour les aider à se relever. Peuple peu exigeant pourtant qui demande très peu pour recommencer à sourire et à rêver à nouveau d’un jour meilleur malgré le désespoir évident.

L’aide humanitaire est là entassée à l’aéroport de Port-au-Prince. Le monde a certainement répondu positivement et généreusement au SOS haïtien. Ils sont arrivés dans un temps record sur les lieux du drame bien équipés et prêts à sauver notre peuple en détresse. Mais surprise, surprise! Qui s’occupe de l’accueil et de la coordination de cette aide massive? Tout le monde cherche comme une aiguille dans une botte de foins,les équipes logistiques de l’état haïtien, ceux qui devraient coordonner le stockage et la distribution des médicaments, de la nourriture, des tentes, des couvertures et autres objets indispensables à la survie des rescapés.

Entre-temps, les miraculés étourdis n’ont accès à rien. Ils sont des centaines de milliers à dormir à la belle étoile sur les places publiques et dans les rues priant Dieu de les préserver de ces fameuses pluies torrentielles propres à Haïti. Quand rarement un camion arrive pour la distribution d’aide, on réprimande au gaz lacrymogène ceux qui se bousculent pour attraper de quoi bouffer ou une bouteille d’eau pour étancher leur soif.Ils sont traités comme des bêtes par ceux-là même qui devaient panser leurs plaies et les aider à se redresser. Ces cyniques qui malgré leur connaissance des effets nocifs de ce gaz sur ces malheureux sans abris déambulant sous cette chaleur moite, n’hésitent pas à compliquer davantage la vie de ces pauvres gens comme si la nature ne l’a suffisamment pas fait. Certains militaires étrangers de bonne foi les regardent faire impuissants se demandant comment les policiers haïtiens et la marine américaine peuvent-ils se montrer si brutaux malgré ces circonstances extraordinaires.

Certains conseillent aux civils de se plaindre aux autorités, à la presse … à cause des effets toxiques bien connus de ce gaz : problèmes respiratoires, nausées, vomissements, irritation des voies lacrymales et des yeux, spasmes, douleurs thoraciques, dermatites et allergies sans oublier les effets à long terme tels que nécrose des tissus dans les voies respiratoires, des tissus dans l’appareil digestif, des œdèmes pulmonaires des hémorragies internes et le risque pour les femmes enceintes d’avoir des enfants avec des malformations…

Quelques uns des membres de Projet 2000 International, du Comité Fanmi Lavalas des Haïtiens d’Outre-mer(CFLHO) et de L’église de Dieu Soldats du Christ rendus sur place pour apporter de l’aide aux survivants du tremblement de terre ont assisté impuissants à ces scénarios cyniques d’arrosage au gaz lacrymogène. Ils furent abordés par des militaires étrangers de nationalités haïtiennes qui y assistaient aussi impuissants et révoltés qu’eux. Ces derniers leur ont suggéré de dénoncer ces abus à cause des effets dangereux du gaz qui s’intensifient avec la chaleur et du fait que ces malheureux n’ont même pas d’eau pour traiter leurs yeux et leur peau après s’être fait arroser. Ces sinistrés sont déjà des victimes qui vivent un trauma inhumain. Ils ont tout perdu : parents, enfants, famille et amis. Ils n’ont plus rien, sont nus, et n’ont pour toit que le ciel. Ils ont faim et soif. Ils suent comme s’ils étaient au mois de juillet ce qui intensifie la douleur causée par le gaz. Ils sont traumatisés par les répliques qui ne finissent pas. Ils circulent dans la puanteur de leurs morts à la recherche d’un peu d’eau et de nourriture. Ils vivent à la merci des intempéries, du soleil, du froid, des moustiques et des mouches qui bientôt contribueront à propager toutes sortes de maladies. Les voleurs et les loups-garous ne les ménagent pas. Leurs filles se font violer…Ils ne méritent pas de se faire maltraiter surtout par ceux-là qui devaient les servir et les protéger

La nature humaine a ses limites. La fatigue physique et psychologique de nos enfants est évidente même quand on les voit lutter désespérément contre cette déshumanisation collective dont ils sont l’objet. Aidons-les à garder leur estime ; dénonçons les actes injustes de la police haïtienne et des militaires américains contre notre peuple meurtri !


"Yon sèl nou fèb, ansanm nou fò, ansanm, ansanm nou se Lavalas".
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mercredi 3 février 2010

UNE DEMOCRATIE SOUS LES DECOMBRES

L’Etat sous les décombres

Le séisme du 12 Janvier 2010 à causé des dommages irréparables. Des édifices sont effondrés, des institutions détruites et des têtes bien faites et bien pleines sont tombées. Ces pertes morales et matérielles pour une nation déjà en panne d’élite, pour un Etat déjà en mauvais état, déjà agonisant, sont inscrites dans les annales des tragédies les plus sanglantes de l’histoire de l’Humanité. La nation est choquée jusque dans sa mémoire, car bon nombre de bâtiments anéantis sont des pages vivantes de notre histoire.
Par exemple: le palais national, œuvre de l’architecte haïtien Georges Baussant, construit entre 1912 et 1924, est une fierté nationale. Qu’on aime la politique ou pas, qu’on rêve d’y dormir ou non pour même une nuit, il faut admettre que le monument est admirable. Le marché Hyppolyte est aussi une merveille architecturale. Le bâtiment logeant la direction générale des impôts, construit vers les années 60, est un symbole de respect pour le Duvaliérisme. « Rayi chen, di danl blanch ». Tous ces bâtiments majestueux, l’orgueil de toute une génération d’Haïtiens, font de Port au Prince un Musée en plein air. L’histoire est souvent ironique. Qui aurait pensé que le bâtiment du ministère des affaires sociales, l’un des plus vieux de la capitale, maison de naissance d’Alexandre Pétion, aurait résisté à ce séisme ? Quelle gestion de notre patrimoine, Seigneur ?

Il semble que le génie qui a conduit au pouvoir le président de la République, son excellence René Garcia Préval, ne marche qu’avec des catastrophes et des tragédies. On ne saurait oublier le drame de « La Fierté Gonavienne » survenu au cours de son premier mandat. Aujourd’hui les boues des Gonaïves ne sont même pas encore séchées, voilà Port au Prince sous les décombres. Dans ce désastre que deviendront cette « démocratie » et cette « stabilité » claironnées dans tous les discours comme unique crédit du président Préval et de la communauté internationale. Le sénat de la république sera encore une fois paralysé avec la mort de ses deux membres. Avec le report sine die des élections législatives du 28 Février 2010 le pouvoir législatif sera frappé de fait et de force de caducité. Le pouvoir judiciaire est lourdement frappé par la disparition des magistrats et des avocats chevronnés, ce grand malheur fait le bonheur du pouvoir exécutif qui résistait à la nomination du conseil supérieur de la magistrature. Donc voilà l’exécutif du Président Préval sans judiciaire, sans législatif. En conclusion « Preval Kakas peyi Ya se pou ou woule woulew janw vle ».

La direction générale des Impôts, DGI, a perdu des cadres supérieurs que la nation doit pleurer pendant des années. Les forces fiscales du pays sont anéanties sous les décombres avec des archives importantes. Les commerçants et industriels qui, n’ayant jamais payé les taxes, doivent des millions à l’Etat, feront encore leur bonheur dans ce grand malheur.
Peut-on parler d’élections au cours de cette année ? Je pense qu’il est techniquement, juridiquement et moralement impossible. Que va-t-on faire avec Mr Préval et son équipe à la fin de l’année? L’inaction de cette équipe gouvernementale dans la gestion de ce désastre est en vérité une autre catastrophe. Quinze jours sont passés et la nation n’a jamais reçu une note de ce gouvernement. Tout semble se faire par l’internationale. L’histoire est souvent ironique. En 1802l’armée napoléonienne a fait venir des chiens espagnols pour dévorer les rebelles antis esclavagistes, en 2010 l’armée française est arrivée avec des chiens pour sauver des haïtiens sous les décombres. Alors ce qui est humiliant dans cette action diplomatique due à l’insouciance gouvernementale, c’est que les militaires Français sont arrivés de Paris avant les autorités haïtiennes sur les lieux. L’attitude du gouvernement est indigne d’un Etat responsable. Les dirigeants de l’Etat ne sauraient être naïfs. On veut faire croire que l’humanité toute entière aujourd’hui est de bonne foi au chevet d’Haïti. C’est faux ! Le chaos est bénéfique à plus d’un. La police haïtienne vient d’arrêter sur la frontière Haïtiano Dominicaine dix américains trafiquant près d’une trentaine d’enfants au profit d’un organisme humanitaire international. Il faut faire attention, car l’œuvre humanitaire est parfois deshumanisante. Il faut récupérer l’Etat sous les décombres séculaires de la honte et de toutes les gaucheries administratives dont pillage et gaspillage des deniers publics, sous les décombres de ce séisme moral de très forte magnitude qui saccage les institutions publiques.

La nation haïtienne est aujourd’hui extrêmement fragile. C’est un empire qui s’empire. Elle est exposée aux épidémies, au trafic des enfants et de la drogue et toute autre activité inhumaine inconcevable.
Cependant, si l’Etat s’envole en éclat dans la catastrophe, le gouvernement est sous les décombres, la nation doit se réveiller. Devant l’internationale, l’Etat haïtien se livre en aveugle au destin qui l’entraine. Les citoyens, conscients que le réveil d’Haïti doit être l’action conjuguée de tous ses fils et de toutes ses filles, doivent lancer un cri d’alarme et de ralliement, tout en transcendant les différences idéologiques. Les haïtiens doivent s’armer de courage, d’orgueil et de patriotisme pour bâtir un nouvel Etat sur les ruines même de Port au Prince. Mais malheureusement en rendant à Dieu et au Blanc la responsabilité de tous nos malheurs, nous sommes loin de sortir de cette impasse et trouver à notre pays des solutions adéquates à ses crises conjoncturelles et structurelles. Pauvre pays ! Très peu de discours affirment que nous sommes en majeure partie les auteurs de nos propres malheurs, très peu de discours font croire que nous devons être les acteurs de notre développement. 1804 ?

Depuis le 12 Janvier 2010 les déclarations pleuvent dans les medias, mais très peu d’entre elles posent le problème de la crise écologique qui est fondamentale. Un diplomate haïtien accrédité au Brésil, Mr Georges Samuel Antoine, a déclaré que le séisme est bénéfique au peuple Haïtien, Car le pays jouit d’une très grande publicité internationale en la circonstance. Ciel ! Quelle diplomatie ?

Le drame du 12 janvier , n’est il pas du en grande partie, de la transformation de l’espace rural de la plaine du Cul de sac , véritable radiateur de la ville de Port au Prince , en espace « urbain », de l’exploitation sauvage des carrières de sable de Laboule, des constructions lourdes et anarchiques dans les hauteurs de Thomassin, de Kenscoff, de Furcy etc.? Nous vivons dans le pays sans un schéma d’aménagement du territoire, sans un code de construction, sans aucun service efficace de gestions des eaux et forets, et nous parlons de démocratie, d’élection, de décentralisation, de stabilité politique, d’alternance démocratique etc. Nous avons violé le morne l’Hôpital, massacré les hauteurs de Tête Dlo, de Thomassin, Furcy et Kenskoff, de véritables réservoirs de Port au Prince. Les bassins versants de Marmelade et de Vallières, véritables châteaux d’eau pour les régions du Nord et du Nord Est sont victimes des mêmes violences par l’exploitation sauvage des bois de Campeche, de Gaïac, d’acajou et de Pin. La tragédie du 12 Janvier peut arriver à d’autres villes, si des mesures drastiques et même anti populaires ne sont pas prises. La ville du Cap est aussi menacée. Il faut arrêter l’hémorragie le plus vite possible. Stopper toutes interventions anarchiques dans les mornes Lory et Vigie, tous les projets gouvernementaux qui n’ont pas été l’objet d’études rationnelles. Notre plus grand crime, c’est le mensonge, en faisant croire que les catastrophes sont des malédictions du ciel. La dégradation de l’environnement, principale source de nos malheurs, est la conséquence des violences écologiques coloniales, de notre manque de vision économique et politique, des instabilités politiques ou des coups d’état en cascades.

Alors Haïti devient un pays de deuil et de faux conflits. Il faut redéfinir aussi nos espaces urbains. Les villes ont aussi une âme, une vie et une raison d’être. Il faut confectionner un code de construction rigide, il faut une force bien armée. La police nationale n’a pas la vocation de gérer les cadavres en cas de catastrophe. En plus la république Dominicaine nous considère comme une menace ; dans le cas d’un désastre sur nos villes frontalières son armée envahira Haïti dans les minutes qui suivent. Caveant consules !

Le désastre du 12 Janvier est géré avec trop de maladresses et de légèretés. De fortes dispositions doivent être prises contre les éventuelles épidémies à court et à long terme. Le déplacement spontané et intrusif de la population est géré avec trop d’émotion. Qu’on se rappelle qu’après le tremblement de terre de 1842 au Cap haïtien, près de la moitié des survivants, cinq mille habitants, a été décimée par une épidémie de cholera, et plus tard celle de la petite vérole a frappé toute la population haïtienne. Je fon kriye davans ! Le gouvernement a trop de sang froid même quand il serait de bonne foi.

Avec cette démocratie importée, en marge de notre réalité économique, avec cette constitution trop idéaliste et très peu réaliste Haïti a très peu de chance de bien gérer ses catastrophes. Il nous faut un autre Etat. Un Etat en bon état. Un Etat fort, si fort qu’aura tort de l’appeler un état démocratique, un Etat utile, tellement utile qu’on aura aussi tort de l’appeler un état dictatorial. Un Etat démocratique pour le bien être du peuple, pour l’honneur de la nation, pour la sauvegarde de la souveraineté nationale et pour une meilleure coopération internationale, sous la dictature de nouvelles lois. Si non, aujourd’hui c’est la mort de l’Etat, demain c’est celle de la nation…..

Toutes les veines de Port au prince sont ouvertes.
La capitale est blessée jusque dans son âme.
Le désastre n’a épargné ni classe, ni race.
Partout c’est le cri, partout c’est l’alerte.
Nous sont retournées nos violences à la nature
Les eaux séchées de nos sources coulent de nos yeux
Ce ne sont pas les feux de la colère de Dieu
Qui descendent sur nous, naïve créature.
Mort à un état accusé de négligent,
Courage à un peuple si intelligent.
Une chandelle, à ces inhumés sans cercueil
Et sans pompes, pour qui toute la nation prend le deuil.
De ses cendres, Port au Prince renaitra
Des jours nouveaux, Haïti connaitra

Bell Angelot, professeur

Avocat, Directeur Fondateur

Du Centre Haïtien de Recherches

Et d’investigations en Sciences Sociales




"Yon sèl nou fèb, ansanm nou fò, ansanm, ansanm nou se Lavalas".
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lundi 1 février 2010

LIBERA

Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy!
N ap chante rekiyèm; rekiyèm pou frè n yo ki tonbe
N ap chante libera; libera pou frè n yo ki tonbe (bis)

Madan Letan ou te antre nan kay la
Ou jwenn mesyedam yo ajenou
chaplè yo nan men yo
De je fèmen yap priye priye yo
Ou jwenn mesyedam yo ajenou
chaplè yo nan men yo
De je fèmen yap woule mizè yo

Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy!
Ou kite twòp dlo nan je, ou kite san n ap koule
Ou kite vant nou mare madan Letan, nou inosan.
Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy!
N ap chante rekiyèm; rekiyèm pou frè n yo ki tonbe
N ap chante libera; libera pou frè n yo ki tonbe (bis)

Sen Pyè wa louvri baryè pou yo
Yo pat jwenn flè Yo pat jwenn sèkèy
Doulè lavi ya fini pou yo Noumenm nap pote dèy o.
Yo pat jwenn flè Yo pat jwenn sèkèy
Doulè lavi ya fini pou yo Noumenm nap pote dèy o.


Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy!
Ou kite twòp dlo nan je, ou kite san nap koule
Ou kite vant nou mare madan Letan, nou inosan.
Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy! Woy!
Nap chante rekiyèm; rekiyèm pou frè n yo ki tonbe
N ap chante libera; libera pou frè n yo ki tonbe (bis)


Farah Juste



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mardi 26 janvier 2010

BWAWON TONÈ

Bwawon Tonè, fout tonnè
Sa wap di nan sa?
Nou bliye lapriyè Bookman n nan.
Nou dezobeyi lòd papa Desalin yo.
Bwawon Tonè! Bwawon Tonè! Bwawon Tonè
Nou twoke pawòl piman bouk ou yo
Pou pawòl zonbi Willy Lynch yo.
Bwawon Tonè, gason vanyan,
Ou te kòmande n
Pou n te pran po blan an pou papye,
San l pou lank,
Zo bwa tèt li pou lankriye,
Yon bayonèt pou n trase vèvè listwa n.
Ayayay! Ayayay! Tonnè!
Nou fout boukante plas ak kolon yo.
Nou kite yo fè po n tounen tapi pou yo sapata n.
San n tounen gaz pou limen dife destriksyon n.
Lesklavaj mantal kadnase zo bwa tèt nou.
Bayonèt divizyon an depatcha Ayiti kou zenglen boutèy.
Bwawon Tonè, gason kanson,
Bèl peyi ou te kite nan men n nan
Tounen yon dyaman ki antere anba yon pil fatra.
Nou twoke laglwa pou lawont,
Libète pou lokipasyon.
Nou bay plas Dam Gonayiv do
Pou n echwe nan Kwom, Miyami.
Bwawon Tonè, ki jan n fè rive la?
Ki sa pou n fè pou n sòti nan sa?
An 1804, menm jan w te kòmande n nan,
Jodi ya nap kòmande w!
Sonnen lanbi rasanbleman an.
Mennen n tounen sou plas Dam nan Gonayiv.
Fè n jwenn yon papye tou nèf
Ke ni dlo pap ka chire, ni dife pap ka boule
Pou n reekri pawòl piman bouk ou yo.
Pawòl ki ban n bon jèvrin pou n kanpe djanm
Pwòl ki dwe fout bay blan frison jouk sa kaba.
Bwawon Tonè! Bwawon Tonè! Bwawon Tonè!
Ayiti ap chache yon jeni tankou w
Pou ede l mete nan sèvis li:
Po kolon san kolon, zo bwa tèt kolon
Ak yon bayonèt diyite ki fenk defounen
Pou n ka retire nan salte Ayiti lasirèn dyaman!
Bwawon Tonè! Fout di kichoy tonnè!

Maud Jean-Michel (Sanit B.)





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lundi 25 janvier 2010

UN PLAN MARSHALL POUR HAÏTI !!! LA FORMULE IDEALE QUE L'ADMINISTRATION DU PRESIDENT OBAMA ET LE CONGRES AMERICAIN DEVRAIENT ADOPTER

UN PLAN MARSHALL POUR HAÏTI !!! LA FORMULE IDEALE QUE L'ADMINISTRATION DU PRESIDENT OBAMA ET LE CONGRES AMERICAIN DEVRAIENT ADOPTER

Aujourd’hui Haïti est frappé par une catastrophe épouvantable qui dépasse de loin ses capacités économiques et menace son existence. Le signal d’alarme a sonné, des mesures extraordinaires sont de mises. Pour cela, nous de Projet Prioritaire Haïtien suggérons l’application d’un « Plan Marshall » pour Haïti :

$5 milliards pour aider le peuple haïtien à reconstruire ses moyens de subsistance
$2 milliards pour reconstruire le secteur privé
$1 milliard pour des installations électriques d’au moins 1500 mégawatts
$1,5 milliard pour reconstruire les différents locaux gouvernementaux et les complexes administratifs dans les 10 départements du pays
$1 milliard pour le système de communication, un système capable de fournir au moins 1 million de lignes terrestres/fixe
$3 milliards pour entièrement reconstruire 5.000 km / Routes, connecteurs, égouts, installations de ramassage d’ordures..
$1 milliard pour 1 aéroport international dans chacune de nos départements
$1 milliard pour le secteur agricole
$2 milliards pour le secteur éducatif
$2,5 milliards pour l'évolution économique
$700 millions pour la machinerie lourde Un total de 20,7 milliards de dollars est nécessaire pour mettre Haïti sur la voie de développement. Si nous mettons ce montant dans le contexte du PIB des Etats-Unis pour 2009 (20.7/14,305) ce qui est inférieure à 1 centième de 1% du PIB des États-Unis, et moins que les 22 milliards de dollars dépensés en 1948 dans le contexte du Plan Marshall pour le programme d’assistance économique destiné aux pays de l’Europe après la deuxième guerre mondiale.

Le Plan Marshall dès sa promulgation, était connu comme le Programme de relèvement européen (PRE). La première phase du programme a débuté en 1948 pour finir en 1952. Les Etats-Unis avaient mis en œuvre l'ERP comme outil de reconstruction et de création d'une base économique plus solide pour les pays d'Europe occidentale, en vue de réduire la menace du communisme après la Seconde Guerre mondiale.
Le plan a été nommé après le secrétaire d'État George Marshall qui a été largement responsable de la création des fonctionnaires du Département d'Etat, en particulier William L Clayton et George F. Kennan. George Marshall a parlé du désir de l'administration américaine d’aider l’Europe à se remettre des effets désastreux de la guerre. Le plan de reconstruction, a été élaboré lors d'une réunion des États européens participants, et a été créé le 5 Juin, 1947. Le plan a été en activité pendant quatre ans. Au cours de cette période, quelques 13 milliards de dollars en aide économique et technique ont été données pour aider à la récupération des pays européens qui avaient adhéré à l'Organisation européenne de coopération économique À l'époque, 13 milliards, a été d'environ ½% du PIB de 258 US $ milliards en 1948 et a été en plus des 12 milliards de dollars d'aide américaine à l'Europe entre la fin de la guerre et le début du plan pour une enveloppe d'aide totale estimée à 1% du PIB américain en 1948 soit 25 milliards de dollars.
Le Plan a abordé chacun des obstacles des pays membres pour relancer leur économie sur une base moderne après la guerre. L’objectif du plan c’était de projeter un avenir meilleur pour les habitants des pays membres du plan Marshall, ne voulant pas se concentrer sur les effets destructeurs causés par la deuxième guerre mondiale.

Beaucoup plus importants étaient les efforts visant à moderniser les pratiques industrielles et les entreprises européennes utilisant des modèles à haut rendement américain, de réduire les obstacles artificiels au commerce, et d'inculquer un sentiment d'espoir et d'autosuffisance. Ce plan Marshall avec ses objectifs de relancement économiques sur une base moderne serait une étape indispensable pour Haïti.

En 1952, le financement a pris fin, l'économie de chaque État participant avait dépassé les niveaux de productions avant la guerre, les bénéficiaires du plan Marshall ont une production supplémentaire de 35% en 1951 comparativement à celle de 1938. Au cours des deux prochaines décennies, l'Europe occidentale a connu une croissance sans précédent et la prospérité, une grande proportion de cette prospérité était due directement au PRE, il est assez facile de conclure que sans cette intervention, la reprise économique n'aurait pas été possible et l'Europe pourrait être confrontée au pire.

Le Plan Marshall a été l'un des premiers éléments de l'intégration européenne, Ce plan a effacé les barrières commerciales et créer des institutions modernes afin de coordonner l'économie au niveau continental, c'est-elle qui a stimulé la reconstruction politique et économique totale de l'Europe occidentale.
Haïti compte tenu de la destruction totale de son infrastructure répond aux nécessités pour un plan similaire qu’on pourrait appeler Plan de Relance Economique d’Haïti (PREH) sans laquelle il restera presqu’impossible pour Haïti de devenir une nation viable.

Avec un effectif total de 27,750 kilomètres carrés, Haïti est placé 147 en comparaison de superficie entre les autres pays. Il dispose de 190 kilomètres carrés d'eau, un pays presque deux fois la taille du Maryland.

Haïti a suffisamment de ressources naturelles pour construire une nation viable, bien que les investissements de capitaux fassent défaut et que certaines de ses ressources naturelles sont considérées comme des réserves stratégiques pour les Etats-Unis comme la gazoline. Ce qui met en exergue l’ingérence et le traitement injuste reçue par Haïti de ses partenaires géopolitiques, prenons comme exemple le conflit avec les États-Unis à propos de la Navase. Haïti a des réserves de bauxite, de cuivre, de carbonate de calcium, d’or, de marbre, d’hydroélectrique et de pétrole. Sa population est estimée à 10 millions de personnes, relativement très jeunes, capables et désireuses de travailler.

0-14 ans: 38,1% (hommes 1,735,917 / femmes 1,704,383)
15-64 ans: 58,5% (hommes 2,621,059 / femmes 2,665,447)
65 ans et plus: 3,4% (hommes 120,040 / femmes 188,690) (est. 2009)

Haïti dispose d'un territoire divisé en 10 Département : Artibonite, Centre, Grand 'Anse, Nippes, Nord, Nord-est, le Nord-Ouest, Ouest, Sud, Sud-est etc. Chacun d'eux a un besoin urgent d’infrastructures, d'électricité, de routes, de lignes téléphoniques, d’égouts, d'eau potable, d'école ; bref tout ce que les nations modernes ont besoin.

Haïti est le pays le plus appauvrit de l'hémisphère occidental, avec 80% de sa population vivant sous le seuil de la pauvreté et 54% dans une pauvreté abjecte. Deux tiers de la population Haïtienne dépendent du secteur agricole, principalement l'agriculture de subsistance à petite échelle, et restent vulnérables aux dommages causés par les catastrophes naturelles fréquentes, aggravées par la déforestation généralisée du pays. Pour comprendre l'ampleur de la pauvreté et les raisons pour lesquelles Haïti ne pourrait jamais être sur la voie du redressement économique, il ne suffit pas de blâmer cette calamité sur le leadership des dirigeants, les coups d’états, etc. Il est également important de souligner qu’Haïti depuis son indépendance a été paralysé par une demande de rançon par la France. 100 millions de francs sur une période de plus de 100 ans pour que son indépendance soit reconnue.
Haïti après ces paiements de rançon déloyale n'a jamais été capable de construire une nation viable. A l’ouest de l'île d'Hispaniola, la République dominicaine, bien que sur la même île n'a jamais été soumis à ce paiement de rançon illégale exigée par la France, ce qui lui a permis de bâtir une économie plus dynamique et moderne que Haïti.

Alors que l'économie ait montré quelques signes de reprise au cours des dernières années, enregistrant une croissance positive depuis 2005, après les ravages de l'ouragan Jeanne en 2004, plusieurs ouragans ont endommagé le système tout entier en 2008, incluant l'infrastructure des transports et du secteur agricole. L’engagement économique des Etats-Unis en vertu de la Haitian Hemispheric Opportunity through Partnership Encouragement (HOPE), adopté en Décembre 2006, a stimulé les exportations de vêtements et autres investissements en offrant une franchise douanière aux ports des Etats-Unis.

HOPE II, voté en Octobre 2008, a encore amélioré les perspectives d'exportation pour le secteur de l'habillement en étendant les préférences à 2018. Ce secteur représente deux tiers des exportations haïtiennes et près d'un huitième du PIB. Les envois de fonds constituent la principale source de devises étrangères, qui équivaut à plus de 15% du PIB et plus du double des recettes d'exportation.

Haïti souffre d'une inflation élevée, un manque d'investissement, dû à un manque de compréhension des questions de sécurité, l'infrastructure limitée et d'un grave déficit commercial en est la cause. En 2005, Haïti a réglé ses arriérés à la Banque mondiale, ouvrant la voie à une reprise des contacts avec la Banque. Haïti a reçu à mi 2009 le pardon de sa dette estimée à environ 525 millions de dollars grâce au Programme pour les Pays Pauvres très Endettés (PPTE). Le gouvernement compte sur l'aide économique internationale formelle pour sa soutenabilité budgétaire.

Les États-Unis et la France ont une obligation morale envers Haïti ; ils doivent corriger le tort causé à notre jeune nation en 1824, quatre ans seulement après le lancement de la doctrine de Monroe, pacte signé en 1820 entre les États-Unis et l’Europe pour éviter l'agression des pays au sein de leur zone géographique.

En 1824, la France a envoyé 65 navires dans la rade de Port-au-Prince menaçant le pays du retour à l’esclavage si le gouvernement haïtien n’accepte pas d’effectuer des paiements annuels à la France pour un total de 100 millions de francs pendant plus que cent ans. Boyer qui était alors président a dû fermer tous les services gouvernementaux, y compris les écoles. Cette décision a eu un grave impact sur le système éducatif haïtien et diminué considérablement la capacité du gouvernement à créer des institutions stables. Les besoins sont évidents. La répétition de ces faits historiques n’a que pour but de rétablir la vérité sur les évènements qui ont contribué à la catastrophe socio-économique que représente aujourd’hui Haïti.

Considérant ces faits, il est évident que si un investissement considérable de plus de $20 milliards, n'est fait en Haïti, le pays ne pourra jamais sortir de cette situation socioéconomique chaotique. Il est impensable qu’un gouvernement opère avec un budget annuel de moins de 2 milliards de dollars dont 60% dépendent de l'aide bilatérale. Il ne sera jamais en mesure de répondre aux besoins d'une population d'environ 10 millions de personnes.

Les États-Unis en particulier sont toujours venus en aide à Haïti et nous haïtiens seront éternellement reconnaissant au peuple américain à son gouvernement. Mais à ce carrefour de notre histoire, si un investissement substantiel n’est pas fait à Haïti, la ronde des "boat people" bravant les mers pour se réfugier clandestinement en Floride s’intensifiera sur une échelle que l’histoire n’ait jamais connue.

Nous appelons aujourd’hui à la générosité et à l'humanité des États-Unis, France, Canada, Venezuela, Cuba et l'ensemble de nos alliés pour un investissement dans l’ordre cité plus haut et sur une période qui ne dépasse pas 3 ans pour que la spirale de la misère ne continue pas en Haïti pour deux autres centenaires.

Jacob François, MBA



Sources : CIA World Book
Bureau of Economics Analysis (BEA)





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