mercredi 6 mai 2009

KLOURE PÒT, POU RETOU A KA FÈT PI VIT


Pour obtenir notre indépendance et nous libérer du joug de l’esclavage, Il a fallu seulement deux centaines de patriotes conséquents et sérieux mettant de côté leurs problèmes personnels pour se concentrer sur les priorités du moment: la libération d’un peuple. Au début de la révolution, il y eu tout comme aujourd’hui des gens mal intentionnés qui ne pensaient qu’à eux-mêmes, essayant de sauvegarder leurs bénéfices en servant fidèlement leurs maîtres. D’autres se prenaient pour des maîtres tout simplement parce qu’ils pouvaient goûter aux restes des repas de leurs bourreaux. Ce geste qui constituait pour ceux-là un privilège les poussait à développer un complexe de supériorité vis a vis de leurs compagnons d’esclavage. Ce qu’ils ne réalisaient pas c’est que le colon, lui, les méprisait et ne s’intéressaient qu’aux bénéfices tirés de leur service. De ce fait, ils n’étaient pas indispensables.

Malheureusement pour notre patrie, l’histoire tend à se répéter. Plus près de nous, en l’année 2004, certains de nos frères de lutte ont encore tenté par ignorance ou par un malencontreux trou de mémoire, de nous rejeter dans les geôles tortueuses de nos anciens bourreaux, oubliant que le colon reste et demeure vis-à-vis de ses anciens esclaves cet être froid qui ne pense qu’à ses avantages et ses propres intérêts.

De nos jours, tout comme à l’époque esclavagiste, il est aisé pour certains de servir les intérêts du colon, même quand la récompense n’est que des miettes de la table du maître. A ceux-là nous disons qu’il est temps de garder les yeux fixés sur le prix. Ne nous laissons pas détourner de notre but par de fausses promesses d’un maître qui n’a pour nous ni respect, ni sympathie. Nous devons, à l’instar de nos ancêtres viser plus haut. Il est de notre devoir de citoyens de lutter pour l’amélioration des conditions de vie de nos fils et filles, de nos pères et mères. Mettons de côté nos différends, nos différences, nos intérêts triviaux et égoïstes, bref tout ce qui pourrait nous séparer. Utilisons plutôt nos talents, notre détermination pour la mise en place d’un système fonctionnel et démocratique.

Vous, tous politiciens, intellectuels, professionnels… rejoignez la masse haïtienne dans son combat. Elle sait et a toujours su qu’elle n’a rien à perdre puisqu’elle est déjà en agonie. Tout ce qu’elle veut c’est de s’assurer que ses enfants et ses petits-enfants ne continuent pas à vivre ce même calvaire qu’elle a vécu toute sa vie. La masse ignorée et piétinée a déjà les yeux rivés au but et rien ni personne ne peut la faire dévier. Elle a depuis longtemps mis de côté ses intérêts mesquins pour penser au bien du plus grand nombre. Regroupons-nous mes frères et ainsi gagnerons-nous la bataille contre l’ignorance, la faim et la misère.

Après, Toussaint, Dessalines, Capois.., il nous a fallu presque deux décennies pour voir émerger parmi nous un génie de leur trempe. Ce phénomène politique, Jean Bertrand Aristide, le défenseur et le héros de la masse populaire haïtienne ne mérite pas la punition qui lui est infligée. N’oublions qu’il n’était qu’un jeune prêtre quand il a osé croire et convaincre un peuple désespéré et meurtri, qu’il était encore possible d’espérer et de rêver à un avenir meilleur. Ce héros qui malgré les enjeux et à ses risques et périls a su tenir tête aux puissants de ce monde pour contrecarrer le plan machiavélique de l’international refusant de leur vendre la terre de Dessalines. Exilé depuis bientôt cinq ans on continue à travers ses propres compagnons de lutte à lui faire payer son audace et sa bravoure. Ainsi, le colon continue-t-il à nous intimider pour nous empêcher d’oser encore une fois. Mais ce qu’il semble oublier, ce sont les racines profondes et nombreuses qui constituent le mouvement de la masse populaire Lavalassienne déterminée à ne plus se laisser ignorer et fouler aux pieds.

Plus de fausses promesses! Plus de faux espoirs! Plus de compromis! Le peuple a passé son mot d’ordre: mobilisons-nous pour le retour de notre leader historique, le Dr. Jean-Bertrand Aristide. Mobilisons-nous pour la paix des âmes de nos ancêtres.

Il nous a fallu plus de deux cents ans pour trouver un président haïtien à la trempe du Dr. Aristide. Un homme aimé et respecté de son peuple. Haïti a déjà connu son Barack Obama, son Gandhi, son Mandela à travers le Président Aristide. Un homme qui a réalisé beaucoup avec si peu. Adulé par la masse populaire, mais haïs par ses antagonistes qui ne sont heureusement que minoritaires. Mais attention, nous ne devons tout de même pas les sous-estimés. Car à travers le temps et l’histoire des différents pays, les libérateurs et surtout ceux qui osent lutter et gagner la victoire du peuple ou de la majorité se voient souvent trahis et sacrifiés par cette minorité ingrate et égoïste.

La masse haïtienne n’a pas la mémoire courte. Elle n’est ni une ingrate, ni une traître. Elle est d’une clairvoyance exceptionnelle et arrive toujours à identifier ses vrais amis. Elle garde et gardera toujours en mémoire celui qui l’a libérée du joug de la dictature et qui lui a toujours donné le courage d’espérer à un avenir meilleur pour ses enfants.

Mobilisons toutes nos forces pour assurer le retour du Dr. Aristide, est le mot d’ordre du peuple et la seule formule capable de créer une réconciliation nationale durable. KLOURE PÒT, POU RETOU A KA FÈT PI VIT, est nécessaire et même indispensable pour convaincre le reste du monde que le Dr. Aristide reste et demeure le leader incontestable de la majorité des masses défavorisées.

KLOURE PÒT, POU RETOU A KA FÈT PI VIT. YON SÈL NOU FÈB, ANSANM NOU FÒ, ANSANM, ANSANM, NOU SE LAVALAS.

lundi 4 mai 2009

Interview accordée par Me Bell Angelot au journal Le Porte Parole


L.P. P- Me Bell, bonjour, tout le plaisir est pour le staff de Le Porte Parole en nous accordant cette interview. Dites nous comment vous vous sentez en Haïti actuellement?.

Me Bell- Bonjour cher ami, bonjour à toute l’équipe du journal Le Porte Parole... Au point de vue personnel je me sens très bien, je me retrouve dans mon pays depuis deux ans. Mais en ma qualité de citoyen Haïtien, l’état du pays me rend malade chaque jour. La déception est généralisée, l’incohérence rime avec l’incompétence et l’insouciance. Le gouvernement n’a aucun programme, n’inspire aucune confiance et ne donne aucun espoir. Et qui pis est on ne voit pas à l’horizon une nouvelle équipe qui s’émerge pour gérer les dégâts après le passage de ce désastre.

L.P.P- Les élections sont programmées pour le 19 Avril 2009, quelles sont vos impressions?

Me Bell- je parle très peu de ces élections depuis l’expulsion arbitraire de Fanmi Lavalas de la course. Mais mes observations me font comprendre que ces élections seront organisées dans l’indifférence et seront très pauvres en participation populaire. Deux faits expliquent ceci, la non participation de Fanmi Lavalas et la déception de la population. L’équipe gouvernementale est vraiment décevante: les ressources de l’Etat sont gaspillées, les caisses de l’Etat sont pillées. Rien n’est fait. Entre cette équipe et celle de Latortue c’est toujours « la même eau qui coule ». Pour le 19 avril comme cette date coïncide avec celle de mon retour d’exil, elle sera pour moi un jour de méditation, le moment de revivre les périodes les plus lamentables de mon existence.

L.P.P- Par contre quelles sont vos activités professionnelles et politiques?

Me Bell – Bon j’ai repris deux semaines après mon retour au pays mon bâton de craie à mon collège, et j’assume aussi une chaire de droit international et de droit constitutionnel à la faculté de droit du Cap Haïtien et à l’Université polytechnique d’Haïti. J’anime des séminaires sur le Tourisme et développement endogène à travers l’Institut de Formation Administrative et Commerciale (IFAC) fondé depuis 1994, et l’année dernière j’ai créé un centre de Recherches dénommé Centre Haïtien de Recherches et d’Investigations en sciences Sociales (CHRISS) dans l’objectif d’encadrer les jeunes en leur inculquant des
notions de civisme, de politique, d’histoire et de littérature contemporaine. Je viens de clôturer mon deuxième séminaire à l’IFAC.

L.P.P- Comment les jeunes ont accueilli cette initiative et qu’est ce qui vous a motivé à prendre cette initiative?

Me Bell- L’accueil est scandaleux en Vérité. Il y a tout un vide dans ce pays, la génération de trente ans qui représente plus de soixante pourcents de la population est une jeunesse sacrifiée. Ils ne connaissent ni la dictature ni la démocratie. Ils sont affamés de savoir, ils cherchent avec la lanterne de Diogène en plein jour un modèle. Lors du premier séminaire avec une cinquantaine de participants, il fallait voir avec quel appétit ils dévoraient les notions d’histoire et de littérature contemporaines, ils étaient fous d’apprendre de Duvalier, Fignolé, Déjoie, Jumelle, Trujillo, Kennedy Castro, Batista, Jean Price Mars, Roumain, J. S. Alexis.. et tous les acteurs de 1957.

L.P.P- Et le deuxième séminaire Cher Maître?

Me Bell- Ah mon ami on a eu la même sensation, le même taux de satisfaction. C’était sur la constitution du 6 au 10 Avril 2009. Vous voyez, la constitution vient d’avoir 22 ans. Ce qui signifie à la publication de cette charte ces jeunes ne pouvaient rien comprendre. Et puisqu’il y a un projet d’amender la constitution, donc il faut apprendre à ces jeunes la constitution. Et il faut les motiver à faire la politique et à aimer le pays autrement. L’engouement est tellement fort, ils me demandent d’organiser ces séminaires pour plusieurs autres groupes et dans d’autres localités du pays.

L.P.P- Avez-vous accepté ? Si oui à quel prix?

Me Bell - Pourquoi refuser? A quel prix, bon je suis en train de rembourser ma dette au pays, je suis un ancien lycéen et étudiant d’une faculté de l’état, donc je paie ma dette. Le Centre Haïtien de Recherches et d’Investigations en Sciences Sociales est à but non lucratif et cible surtout les jeunes.

L.P.P- Êtes-vous seul dans cette initiative?

Me Bell- Non, je ne saurais être seul, car j’ai toujours cru qu’ensemble c’est possible, il y a les membres fondateurs qui sont des professeurs, des agronomes, médecins, industriels etc. Pour l’animation des séminaires, Dr jean Claude Alcazar vient de me rejoindre et je suis en négociation avec un professeur dominicanohaïtien pour un jumelage avec un centre dominicain. Et le centre n’organise pas seulement des séminaires, mais aussi des promenades historiques, des investigations sur l’écologie, l’éducation etc. Il y a un volet touristique ou l’on accueille des jeunes de la diaspora etc.

L.P.P- Me Bell quelle est votre position sur le projet d’amendement de la constitution?

Me Bell- Je me suis déjà opiné là-dessus. L’amendement est une nécessité, mais pas une urgence. Et si nos hommes et nos femmes politiques continuent à gérer le pays avec cette même méthodologie de « manfoubins », à concevoir la nation comme une vache à lait où l’État est une confrérie de médiocres, de coquins et de corrompus, à quoi bon changer la constitution ? Mais si l’on veut faire les choses autrement, il faut l’amender, le peuple haïtien doit se prononcer sur son système de défense nationale sans lequel il n’y aura pas de développement, sur l’intégration des haïtiens jouissant de la nationalité étrangère. « Ayiti pa ka gen pitit deyò ».

L.P.P- Continuez-vous à écrire, Me Bell

Me Bell- Oui mon cher, j’ai un deuxième ouvrage qui doit paraître sous peu, il s’intitule: Deux siècles de deuil et de conflits et comme sous titre « Pèp debout, dirijan ajenou ».

L.P.P- Me Bell, au cours de votre exil aux USA les jeunes haïtiens de Broward ont bénéficié beaucoup de vous, et ils témoignent chaque jour leur reconnaissance à votre égard, donc ils seront très contents de lire cette interview. Quel est votre dernier mot?

Me Bell- Mon dernier, c’est mon indignation sur ce qui se passe à la citadelle cette semaine. Un groupe de cinéastes français utilisent la citadelle pour dérouler un film. Ils utilisent l’espace non seulement pour leur projet cinématographique, mais aussi comme lieu de séjour. Ils dorment, couchent et vivent à la citadelle comme dans un ménage ou un appartement avec toutes les pratiques qui ne s’accommodent à un lieu sacré, telles les batteries de cuisines, exposition des linges etc. La haut le marché de la prostitution va à merveille, voilà un choc pour les habitants de la zone. Pour visiter, c’est une faible portion qui est réservée pour seulement trente minutes. Donc on ne s’oppose pas au projet en soi, mais les cinéastes pourraient dormir à Milot, et monter chaque jour à la citadelle. Transformer la Citadelle en Motel est inadmissible, et je pense que le cinéaste haïtien M. Raoul Peck, ancien ministre de la culture, qui accompagne ces gens pourrait avoir un comportement plus patriotique.
Haïti avant tout et malgré tout!

jeudi 30 avril 2009

L'orgueil du savoir serait-il pire que l'ignorance?


L'orgueil du savoir serait-il pire que l'ignorance?
Le pouvoir de l'intellect peut nous pousser à l’orgueil et à l’ignorance; pas dans le sens du non-savoir mais plutôt de celui qui, par orgueil ignore consciemment les principes et les normes et dans le contexte de ce texte, ceux régissant notre société. Les mauvais effets de l'orgueil sont malheureusement l'arrogance et l’ignorance de ses propres fautes et donc l'omission volontaire et obstinée de les corriger. L’orgueilleux a tendance à s'écarter complètement du sujet pour prouver qu’il n’a pas tort. Il ne le fait pas par ignorance mais en propre connaissance de cause; ainsi devient-il par défaut un ignorant. L’orgueil est pour ainsi dire l’un des vices les plus fatals, parce qu'il est un voile épais qui cache à l'individu qui en est atteint ses propres défauts et, ce faisant, l'empêche de s'en débarrasser au risque de se montrer ridicule.
Le rôle de l'éthique est d'élever l'homme et de l'amener du plus bas état de l'animal vers une position exaltée et supérieure qui le rend humain, un être doué de raison. Nous sommes naturellement doués de facultés pouvant nous aider à contrôler nos émotions, les modeler pour nous propulser dans le chemin de l’humilité et de la sagesse. Il est souvent bien de suivre nos instincts et nos pulsions mais nous devons éviter d'aller vers un extrême. Pour préserver une image d’homme sociable et soigner nos relations avec les autres, Il est important pour nous de maintenir une condition d'équilibre et de modération afin que nos instincts puissent remplir leurs fonctions convenablement sans envahir arbitrairement l’espace d’autrui. Pour répéter les paroles de l’autre: » Si nous voulons voir quelque chose de beau se refléter dans un miroir, nous devons tout d'abord nettoyer le miroir afin que la poussière et la saleté ne défigurent pas notre reflet ». L’orgueil obscure trop souvent ce pouvoir de raison qui existe chez chacun de nous, nous permettant de distinguer le bien du mal, le bon droit de l'erreur, et le vrai du faux.

L'orgueilleux ne se pose jamais la question de savoir s’il a tort ou raison. Au fait, il ne cherche pas vraiment la vérité. Pour lui, ce qui compte le plus c'est sa crédibilité ou sa notoriété. Il a tort bien sûr parce que trop souvent il se laisse prendre dans le ridicule à force d’argumenter pour justifier ses erreurs. De ces gens on dit qu’ils sont tellement intelligents qu’ils en deviennent bêtes. Albert Einstein a eut raison de dire: « Quiconque prétend s'ériger en juge de la vérité et du savoir s'expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n'en connaissons que la représentation que nous en faisons ».

A mon humble avis, la pratique de la modestie et de l’autocritique serait bénéfique pour le progrès de nos forums de discussions. Ce qui éviterait, des attaques personnelles impolies et destructives de certains intervenants en manque d´arguments rationnels. Si nous apprenons à faire de l’autocritique, à reconnaître nos erreurs de raisonnement, il nous sera aisé de faire des excuses à un internaute ou un interlocuteur qu’on a préalablement offensé et promouvoir ainsi des discussions constructives pour la bonne circulation des connaissances.

http://www.aucoindemajolie.blogspot.com/

lundi 27 avril 2009

FORCES OCCULTES, FORCES CULTURELLES


A 969 mètres d’altitude sur le Bonnet à l’Evêque est érigée l’une des plus merveilleuses forteresses de notre histoire: LA CITADELLE. Elle s’établit majestueusement sur une superficie de plus de 8000 mètres carrés. Selon une ordonnance parue le 9 Avril 1804 Jean Jacques Dessalines ordonna à ses généraux la construction des forts au sommet des montagnes afin de repousser toute éventuelle agression des anciens colons Français. Ainsi Henri Christophe commandant du Nord commença la construction de la CITADELLE le 15 Janvier 1805. En 1813 Le Roi Christophe inaugura cette forteresse quoiqu’inachevée. Les travaux sont suspendus depuis la mort de Christophe le 8 Octobre 1820. On l’appelle assez souvent La Citadelle Christophe, La citadelle La Ferrière et aussi La Citadelle des Trois Henri en souvenir des trois génies constructeurs de cette merveille architecturale. Il s’agit d’Henri Christophe, le concepteur, Henri Barre qui a fait le plan et Henri La Ferrière qui fut de nationalité Suisse. De la Citadelle on peut observer la baie du cap Haïtien et celle de L’Acul, on peut observer la Commune du Dondon et toute la Plaine du Nord. On ne peut apprécier la Citadelle sans visiter le Palais Sans Souci, à Milot, construit sur six carreaux de terre. Le palais est aussi majestueux et imposant que celui, portant le même nom de Fréderic II de La Prusse(Allemagne)
Ces deux monuments sont d’une poésie architecturale douée d’une imagination surhumaine qu’aucun génie n’a jamais rêvée, une symphonie inachevée qu’aucun ange n’a jamais chantée. Ils sont des éléments de notre culture, de véritable chapitre de notre patrimoine ancestral. La citadelle est l’expression de l’intelligence nègre, la raison géométrique de la résistance d’une race avilie par l’esclavage et le colonialisme, la passion de vivre libre d’un peuple créateur, symbole d’orgueil et de dignité « Sitadèl leve tèt tout nèg sou la tè beni » de l’esclavage à la liberté le nègre d’Haïti a donné une leçon de civilisation en prouvant que l’intelligence, la suprême vertu humaine, n’a pas de race.
La citadelle attire beaucoup de visiteurs haïtiens et étrangers. Mais la période la plus florissante est celle de la Pâque, spécialement le jeudi saint. Une légende veut faire croire que Le Roi avait l’habitude d’ouvrir le palais sans Souci à la population chaque jeudi saint. Après la fête, à minuit, Le Roi monte sur son cheval blanc pour aller fermer les travaux à La Citadelle, car on ne pouvait pas travailler le vendredi saint. Donc toutes activités devaient être suspendues dans tout le Royaume, du Jeudi Saint à minuit jusqu’après le dimanche de pâques. Alors chaque Jeudi saint des milliers de gens particulièrement des jeunes montent à la citadelle et visitent aussi le Palais sans souci pour reposer à l’ombre du cayimittier royal. Cet arbre vieux de plus de deux siècles servait de tribunal au Roi Christophe. Chaque jeudi le Roi s’y installe pour recevoir les doléances de la population. Aujourd’hui cet arbre est encore la, mais il semble penché sous le poids de l’âge. Un essaim d’abeilles y habite et attire la curiosité de plus d’un.
Cette année la visite à la citadelle a été choquante et la soif des visiteurs n’a pas été étanchée. Une compagnie française séjourne à la citadelle en vue de tourner un film. Les cinéastes vivent, mangent, lavent les linges, couchent et dorment à la citadelle. Ils sont accompagnés d’un ancien ministre de la culture, cinéaste aussi, Mr Raoul Peck. Ainsi la plus grande partie de la forteresse est interdite aux visiteurs, et on exige le silence le plus profond pour ne pas troubler le travail des cinéastes. Selon certaines gens de la localité un marché de la prostitution s’émerge au niveau de la citadelle. Les ministres de la culture et du Tourisme ont boudé une invitation du sénat concernant ce nouveau scandale.
C’est bien une insulte, une profanation, car les cinéastes pourraient dormir à Milot ou au Cap. Quand un haut lieu sacré d’une nation comme la Citadelle est sujet à des activités profanes, ordinaires ou ménagères il faut s’attendre aux colères des dieux. Il est temps que les haïtiens prennent eux-mêmes la gestion de leurs richesses culturelles, nous devons respecter notre héritage. Encore une fois la Constitution de 1987 est violée, blessée et transgressée en son article 215 qui stipule que «Les richesses archéologiques, historiques, culturelles et folkloriques du pays, de même que les richesses archéologiques témoins de la grandeur du patrimoine national. En conséquence les monuments, les ruines, les sites des grands faits d’armes de nos ancêtres, les centres réputés de nos croyances africaines et dont les vestiges du passé sont placés sous la protection de l’Etat »

Professeur Bell Angelot, Fondateur
Du Centre Haïtien de Recherches et d’Investigations
en Sciences Sociales

dimanche 26 avril 2009

LETTRE OUVERTE AU SENAT DE LA REPUBLIQUE


Monsieur le Président,
Honorables Sénateurs,

Nous, membres du Comite Fanmi Lavalas des Haïtiens d’Outre-mer, après avoir suivi attentivement le déroulement de la mascarade électorale du 19 avril dernier, avons décidé de vous demander de ne pas valider ce scrutin pour les motifs suivants:


1. Le peuple haïtien, une fois de plus, vient d'être victime d'exclusion sociale et de marginalisation à un moment où il s'enfonce vertigineusement et plus que jamais dans la misère, l'ignorance et l'injustice. En revanche, il a osé dire non à l'arbitraire, non à cette mascarade en gardant ses portes hermétiquement closes le 19 avril dernier. La majorité alors a dû imposer son droit de veto sur ces élections anti-démocratiques.


2. Honorables sénateurs, en excluant Fanmi Lavalas, l'organisation la plus populaire du pays, de la course électorale, le CEP ne fait qu'exclure le peuple haïtien aux grands débats nationaux tels que la double nationalité, l'amendement de la constitution de 1987 et par voie de conséquence, restaurer la dictature des années 57 en Haïti. Quand on considère que le CEP et ses agents électoraux, chargés d'appliquer et de faire appliquer la loi électorale ont été impliqués dans des actes frauduleux en violant les articles 97, 121, 125 et 203 de la dite loi, le Grand Corps ne peut, donc, en aucun cas, valider ce scrutin qui fait la honte et l'ignominie du pays à l'échelle nationale et internationale.


3. En validant le pouvoir de ces pseudos sénateurs, le Sénat, garant de la constitution et des lois du pays perdra la confiance du peuple et ternira l'image du Grand Corps. Or, avec un taux de participation de moins de 1.5% de la population, vous ne pourrez, Honorables Sénateurs de la 48eme Législature, vous arroger le droit de cautionner cette mascarade électorale sans tenir compte des principes démocratiques au nom desquels le peuple haïtien a toujours lutté et combattu.

4. Seuls les mercenaires des bureaux de vote, ont voté le 19 avril dernier en bourrant les urnes de faux bulletins. Puis, une Sénatrice et de paisibles paysans ont été agressés physiquement et moralement. Le peuple, une autre fois, vient d'être privé de son droit de vote inaliénable et non discriminatoire, acquis à la sueur de son front. Honorables Sénateurs, vous n'êtes pas sans savoir que la violence faite aux femmes et aux enfants particulièrement, l'exclusion sociale et la marginalisation sont des atteintes à la liberté individuelle, aux droits de la personne et constituent la principale préoccupation de toutes les Organisations des Droits Humains et de tout Etat de Droit.


Finalement, nous, membres du Comite Fanmi Lavalas des Haïtiens d’Outre-mer, vous prions monsieur le Président du Sénat et Honorables Sénateurs, de bien vouloir interdire l'intégration des pseudos sénateurs au Sénat de la République afin de sauvegarder les acquis constitutionnels du peuple haïtien et ce sera justice.

Recevez, Monsieur le Président du Sénat et Honorables Sénateurs, nos salutations distinguées.

Patriotiquement,
Mme. L’ex Sénateur Youseline A. Bell
Mme. L’ex Sénateur Norma Forte
Mme. L’ex Sénateur Nadia Mondésir Sanon
M. L’ex Député Babeau Villier
M. Jacob François
Mme Majolie Zéphirin
M. Louis Bonnet
M. Ernst Montoban
M. Jerry Jean Louis
M. Jean Pierre Barthol
M. Gary Servius
Mme Claudine Janvier
M. Philippe André Jacques
M. Bazelais François
M. Fritz Péan
M. Roosevelt Goguette
M. Abel Moise
M. Vital Tholerme
M. Bellefleur Jean
M. Jean Elie Pierre-Louis
M. Rivière Dantès
M. Tony Désir
M. André Joseph