mercredi 16 septembre 2009

LE DEPART D'UNE LEGENDE


Par le coup des âges, le berger est frappé
Par l’usure du temps, le leader est détrôné
Enfin son cœur a donné son dernier battement
Et le souffle divin s’est retiré lentement.

Le grand maitre capois de la musique est mort
Après avoir battu du monde tous les records
Trainant derrière lui, tout son char de victoire
Comptant avec fierté ses déboires et ses gloires.

Ulrick pierre Louis, le maestro de Septen
A couronné sa vie, il a bouclé son temps.
Pour son voyage, il ne veut pas de pleurs,
Peut être bien des gerbes, peut être bien des fleurs,
Plutôt pour son talent, il mérite des étoiles,
Des médailles aux couleurs du soleil et sans voile.

Pas de larmes, pas de pleurs, pas de peines, pas de deuil
Pour un génie, un dieu qui git dans son cercueil,
Pour transiter, comme un missionnaire, de la terre
A une autre planète ou à un autre univers.

Bon voyage, bon voyage, bon voyage maestro
En bon berger, tu as bien conduit ton troupeau.
Vas ! Vas trouver ton maitre, ton Dieu, ton créateur
Pour ouvrir le cahier de tes œuvres achevées
Et recevoir la coupe d’or bien méritée.
Vas ! Vas trouver tes maitres, tes sublimes auteurs
Pour prendre siège, en maitre, au concert des élus.
Gloire à toi soit rendue, Gloire à toi est due

Vas! vas maestro à tes Frères de combat
Qui t’ont précédé , si vite, dans l’au delà
Pour leur chanter les peines de notre Compas
Réduit seulement à deux notes majeures : Do, la.

Mineur contre majeur, le sol ne produit plus.
A la bonne musique on tourne le dos,
Le doute nous envahit tellement, devant tout on met Si.
Mi figue, mi raisin, tout se fait à demi.
Et pourtant la poésie, la chanson, l’art sont encore là.

Maestro, tu peux partir en paix
Tu as lutté pour le beau et pour le vrai.
Aux prescrits de l’art tu as été bien fidèle
Et tu y as construit ta propre citadelle.
Vas sans peur, sans regrets et sans remords
Tu règneras même au delà de la mort.

Tes disciples te reconnaissent encor pour maitre
De tes cendres sacrées seul, ils pourront renaitre.
Au centre du Feu Vert, le temple, ils sont debout
Méditant sur ta discipline, leur seul atout.
Ils veulent dire toujours tes bien sages recettes
En regardant les lignes de ta magique baguette

Voici, à toi, notre dernière prière
Voici, à toi, nos vœux les plus sincères :
A tous ceux qui pleurent, que les larmes soient passagères
A toi qui t’en vas, que la terre soit légère


"Yon sèl nou fèb, ansanm nou fò, ansanm, ansanm nou se Lavalas".
P.O.BOX 2252 Fort Pierce, Florida 34954
954-670-9209
www.fanmilavalas.net

dimanche 13 septembre 2009

L'HOSTILITE DU PRESIDENT RENE PREVAL CONTRE LES MASSES POPULAIRES


La reconnaissance est un signe évident de couardise et de pusillanimité, disait l’autre. Néanmoins, faire preuve de tant d’irrévérence, de morgue et de dédain à l’égard de ses mandants relève d’un parfait cynisme. Ainsi, il ne saurait avoir d’interprétations aussi véristes face à l’attitude nettement blâmable du Président PREVAL.

Après plus de trois ans de présidence de son second mandat, les bilans des Gouvernements PREVAL/ALEXIS et PREVAL/ PIERRE-LOUIS peuvent se résumer essentiellement en des échecs lamentables et en catastrophes regrettables. Tentons donc d’analyser en profondeur toutes les raisons qui ont conduit à ces résultats.

Commençons par le démantèlement des syndicats devenus tous jaunes et la désintégration des particules dites partis politiques en Haïti. Ce sont donc, entre autres, des réalisations à mettre à l’actif du Président PREVAL, l’élu de l’Espwa, une autre particule politique. Le récent et spectaculaire désistement de Monsieur Paul DENIS en tant que membre du Directoire de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), l’exclusion du parti Fanmi Lavalas des élections sénatoriales de 2009 pour renouveler le tiers du Sénat, le mépris des institutions républicaines, le non respect de la Constitution de 1987 (particulièrement l’article 136), les objections et le matraquage médiatique de la loi sur le salaire minimum journalier et le montage pour la circonstance d’une certaine association de chômeurs si satisfaits de son état prouvent que le Président PREVAL est plus performant en tant que démolisseur qu’agronome.

Aucun des syndicats traditionnellement tapageurs n’a pipé mot au sujet de l’augmentation excessive du prix du carburant ni sur le salaire minimum journalier. Les privilèges dont ils bénéficient intentionnellement de la part du pouvoir les rendent subitement aveugles, sourds et muets.

Des associations d’employés publics injustement révoqués n’ont jamais cessé de réclamer dédommagement et réintégration. Ces martyrs, ingénus de la dérive ALEXANDRE/LATORTUE et celle de l’administration PREVAL/ALEXIS, courent à longueur de journée les rues réclamant à cors et à cris que justice et réparation leur soient rendues.

Quand ces martyrs ne sont pas férocement brutalisés ou mis aux arrêts par des unités spécialisées de la Police Nationale ou celles de la force militaire d’occupation, communément appelée MINUSTAH, programmées à cette fin, leurs justes revendications relatives au strict respect de leur droit au travail et/ou le droit du travail se sont tout simplement cognées à des mépris avilissants. Ceux et celles, mis aux arrêts, courent le risque de se voir pourrir en tôle sous de fausses accusations d’association de malfaiteurs et/ou de kidnappeurs présumés.

A un moment où le chômage atteint une cote disproportionnée, les révocations massives se poursuivent dans les entreprises publiques (à la TELECO par exemple). Le plan néolibéral continue de jeter sur le pavé de la privation des pères et mères de famille. Paradoxe des paradoxes, des associations de chômeurs issues du néant trouvent suffisamment d’argent pour faire de la publicité en vue d’aider le Président PREVAL et ses tuteurs de l’oligarchie de la sous-traitance à garder la classe ouvrière dans le salaire de misère de 70 gourdes soit USD 1,75 par jour. De par Leur mutisme complice, ces syndicats montrent qu’ils sont ouvertement hostiles aux justes revendications de ces milliers de victimes de cette fulgurante barbarie GNB et PREVAL / ALEXIS, injustement jetées sur le pavé de la privation amère à cause de leur appartenance sociale et politique.

En dépit du lynchage d’un membre de la FUSION des Sociaux Démocrates survenu dans la Grande-Anse à l’occasion du deuxième tour des sénatoriales du 21 Juin 2009, le Directoire de ce groupuscule politique est resté de marbre. Même Michard Gaillard, juriste d’occasion, muselé par la Commission Présidentielle de la Reforme Judiciaire est parvenu à ignorer ce crime crapuleux.

Tellement attachées à leur privilège, les particules politiques n’osent même pas défendre le droit de vote (Droits Humains) de leurs quelques partisans. Le Président PREVAL, expert en déstabilisation, a mis les particules politiques en coupe réglée. Ayant décelé leur talon d’Achille, il est parvenu à les neutraliser. Et même Fanmi Lavalas n’en a pas été épargné. Un fait patent est à mentionner : Monsieur Paul DENIS, renégat dans l’âme, préfère claquer la porte au nez du Directoire de l’OPL. Car entre ses émoluments de Conseiller et son appartenance de parti, il s’est vu dans l’impérieuse obligation de faire un choix.

Au cours de son premier mandat (1996- 2001), le Président PREVAL a pu faire certaines réalisations en faveur des masses populaires. Mentionnons entre autres, les procès des événements survenus à Raboteau en Avril 1994 et à Carrefour Feuilles en Mai 1999, et la Réforme Agraire. En dessous de ces réalisations, il faut voir l’ombre de Jean Bertrand Aristide, aujourd’hui en exil, et de Jean Léopold Dominique de regrettée mémoire.

Continuons avec le salaire minimum journalier et le respect des Droits Humains. En effet, il se trouve que c’est le salaire minimum qui soit le plus bas au niveau du continent américain qui vient d’être relevé par une loi proposée par le député Steven BENOIT et votée par les deux chambres. Mais, le Gouvernement PREVAL / PIERRE-LOUIS, acoquiné au secteur privé des affaires refuse de faire publier cette dite loi. Pourtant, dans la même logique d’anéantissement des masses populaires (les travailleurs), les redoutables défenseurs des classes dominantes et de l’oligarchie ont torpillé le mouvement des Syndicats des travailleurs.

Le portail est librement ouvert au secteur privé et aux investissements étrangers dans les zones franches au mépris de la Réforme Agraire prônée par la Constitution de 1987 et de la protection de l’environnement. Cette attitude prive les plus pauvres de leur gagne pain (Cf. : Ouanaminthe (plaine de Maribarou) dans le Nord- Est du pays).

Le Président PREVAL, au détriment de toutes les normes de respect, fait litière des droits du travail ainsi que des droits au travail du peuple haïtien. Les jaillissements de gaz lacrymogène des sauvages gendarmes de la MINUSTAH, les projectiles des agents du CIMO et le mutisme des syndicats des travailleurs restent les seules réponses aux revendications pourtant justes des employés révoqués du secteur public.

La non publication de la loi sur le Salaire Minimum Journalier préalablement votée par les deux chambres est probante. Elle montre que le Président PREVAL préfère défendre les intérêts mesquins d’une poignée de privilégiés au détriment de cette masse de travailleurs qui triment pour une pitance. C’est la meilleure preuve du refus catégorique du gouvernement PREVAL/PIERRE-LOUIS de permettre à ces courageux ouvriers d’accéder à une infime amélioration de leur catastrophique condition de vie.

Respect des Droits Humains (droits civils et politiques), c’est l’un des domaines où le Président PREVAL a délibérément commis des gaffes spectaculaires. Ne serait-ce cette fabuleuse mobilisation du peuple et le dynamisme convaincant des avocats en charge des dossiers des prisonniers politiques, tous ceux que les fondamentalistes ont injustement et illégalement mis aux arrêts à cause de leurs obédiences Lavalassiennes ne pourraient pas recouvrir leur liberté. Et, en dépit de l’évidence de leur innocence, des centaines de prisonniers de conscience continuent de pourrir en prison. Citons nommément le cas patent de Ronald Dauphin. En situation de détention préventive illégale dite prolongée, Monsieur Dauphin, gravement malade souffre atrocement. Au comble de la violation de ses droits, il s’est vu catégoriquement refuser l’accès aux soins de santé qui est d’ailleurs un droit de l’homme (article 19 de la Constitution de 1987 en vigueur).

Le Gouvernement du Président PREVAL pouvait bénéficier du crédit d’avoir accepté par suite de fortes pressions bien évidemment de libérer certains prisonniers politiques. Il a aussi réussi à colmater cette violence inouïe qu’il a héritée du Gouvernement ALEXANDRE / LATORTUE. Par contre, ceux issus des entrailles des masses populaires sont gardés entre quatre murs sans que l’affaire n’ait été instruite et/ou déférée par devant le Tribunal compétent après plusieurs années qui ont suivi leur arrestation arbitraire. C’est le cas, par exemple, de Ronald DAUPHIN, notre client, qui a été arrêté le 1er mars 2004 par les hommes du Front de Résistance (groupe paramilitaire) ou « combattants de la liberté » suivant l’ancien Premier Ministre de facto Gérard LATORTUE, de Raoul ORPHEE, de Excellent LAVIOLLETTE, de Negup SIMON, de Leonel ALTONA, de Wilson AURELIEN, Jean Marc JUSTE, de Dieuseul VOLCY, de Narcary ESTOCLAIN, de Emmanuel ARISTIDE alias Ti Aristide, pour ne citer que ceux-là.

En Août 2009, la liste continue de s’allonger avec l’arrestation et la détention illégales et arbitraires de Alfred VALSAINT et Hérode CESAR, deux étudiants arrêtés dans le cadre des manifestations de rue pour forcer Président PREVAL à promulguer la loi portant le salaire minimum journalier à 200 gourdes soit USD 5.00 par jour.

La situation socio-économique (Droits Economiques Sociaux et Culturels DESC) allait se dégrader au point que les laissés pour compte ne pouvaient plus tenir. Au tout début du mois d’avril 2008 des émeutes de la faim ont embrasé l’ensemble du territoire national. Il ne saurait avoir de meilleures preuves que les droits les plus élémentaires des masses populaires dont le droit à la nourriture ne sont nullement respectés. Point n’est besoin de mentionner non plus que les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (DESC) des couches des bas-fonds ont été tout simplement ignorés quand ils ne sont pas bafoués.

Les masses populaires sont descendues dans les rues pour réclamer du pain, les soldats des forces d’occupation de l’ONU communément appelé « Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti MINUSTAH » les ont répondu par des projectiles et du gaz lacrymogène, ce qui devrait constituer une honte pour l’Organisation des Nations Unies (ONU).

A noter que, ceux qui étaient arrêtés lors des événements d’Avril 2008 (les otages du Président PREVAL et de la MINUSTAH) sont aujourd’hui écroués au pénitencier national. Ils ont commis le crime d’avoir réclamé à manger au cours des événements du mois d’Avril 2008. Plus d’un an après leur arrestation, ces prisonniers de la faim, victimes de la violation de leurs Droits Economiques Sociaux et Culturels DESC, n’ont aucun espoir de recouvrir leur liberté avant la fin du mandat du Président PREVAL. En fait, le Juge d’Instruction en charge du dossier, Me Emmanuel Lacroix, confirmait avoir communiqué ce dossier au Parquet depuis les mois de janvier et de février 2009.

Au vu et au su du Président PREVAL, une avalanche d’actes de corruption maligne continue de moisir l’Administration Publique. Sur des milliers de dilapidateurs des deniers publics seul Sandro JOSEPH, l’ancien Directeur de l’Office National d’Assurance vieillesse ONA, a eu la malchance de se laisser surprendre les mains dans le sac déjà dévidé de l’ONA. Pauvre Sandro !!! Ala devenn !!!

Qu’en est-il des autres aigrefins à costume tel le Directeur Général de l’OAVCT dont l’obscénité des tours de passe de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif CSC/CA constitue un outrage irrémissible à la décence et à la convenance? Madame PIERRE-LOUIS confortée par ses arrières GNB n’a jugé opportun de produire aucun rapport sur les 197 millions de dollars tirés du fonds Pétro Caraïbe.

Cette somme faramineuse, les deux chambres l’ont déposée devant elle dans la gamelle des fonds d’urgence. Elle devait initialement contribuer à réparer les torts causés par les autres « cyclones » qui ont dévasté le pays en 2008. Au contraire les 197 millions ont servi à assouvir les appétits gloutons de la clique qui rode autour d’elle. Même le plus brave des parlementaires ou le conseiller audacieux de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif CSC/CA ne peut lui en demander des comptes.

Le fait même pour PREVAL de choisir Monsieur Jacques Edouard ALEXIS comme Premier Ministre constituait un affront à la classe paysanne. Cette strate sociale est perpétuellement en proie à une sauvage pauvreté et à une misère incurable. Quel paysan ne se souvient pas du tort fatal que leur a causé Monsieur Jacques Edouard ALEXIS.

Directeur au Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural MARNDR sous la dictature de Jean-Claude DUVALIER, Monsieur ALEXIS allait se montrer peste et téméraire. Même les porcs dans leur innocence n’ont pas été épargnés par sa haute capacité de mentir et de tromper.

A travers la PEPADEP, Monsieur ALEXIS, sous des accusations erronées de « Peste Porcine Africaine » a détruit le cheptel porcin local pour le remplacer par les « Kochon grimèl ». Encore cette obsession de l’exotisme.

Coincées dans les pièges de la loi « Hope » de George BUSH signée par ce même Monsieur ALEXIS en ce temps là Premier Ministre et celui de « Lespwa » du Président René PREVAL et consorts, les ouvriers de la sous-traitance vont croupir inlassablement dans l’horreur d’un désespoir acerbe. Cette géhenne alimentée par les brasiers impitoyables du Plan Néolibéral propulsera une misère monumentale dont la souffrance et les autres formes de violence en seront les dividendes.

Le Parlement a racheté le peuple en réalisant l’exploit spectaculaire de rejeter d’abord le choix de Monsieur Eric PIERRE ou Erick Pierre Pierre ou Pierre Erik Pierre, promoteur attitré du plan néolibéral. Ensuite, ce fut le tour de Monsieur Robert MANUEL, ennemi farouche des masses populaires, d’être éconduit. Monsieur MANUEL n’a pas de carte électorale devant l’habiliter à remplir son devoir civique. Profitons pour rappeler au Président PREVAL et à Monsieur Manuel que la Constitution de 1987 en vigueur en son article 52.1 fait des obligations à tout citoyen dont celle de voter.

Le Président PREVAL par son aversion viscérale contre les masses populaires a porté son choix sur Madame PIERRE-LOUIS, décriée par l’ensemble de la population, dont ses cosignataires de la déclaration devant compromettre la commémoration du bi centenaire de l’Indépendance de ce pays qui l’a vu naître.

D’où vient cette mystérieuse dame parachutée Premier ministre pour sa contribution au coup d’Etat du 29 Février 2004 ? Madame PIERRE-LOUIS, personnage on ne peut plus controversé, comme d’ailleurs son tuteur à la Présidence, se fait identifiée à tort par l’étranger et par plus d’un en Haïti comme étant à gauche, tandis qu’elle est un simple valet de l’impérialisme et de l’élite répugnante locale.

Quant au Président PREVAL, voulant à tout prix parvenir au terme de son mandat, il se bat comme un diable dans le bénitier des occupants qui devraient partir sous peu. C’est ce qui justifie son attitude d’aliéné face à cette indicible barbarie de ces gendarmes indomptés et mandatés par Kofi ANAN d’abord et ensuite par Ban KI-MOON sous la dictée de George BUSH pour réprimer sanguinairement les couches des bas-fonds.

Jamais au cours de son mandat, Président PREVAL n’a émis le moindre soupir contre les exactions et les horreurs (Assassinats, vols, viols et autres graves atteintes aux Droits Humains) commises par la soldatesque onusienne communément appelé MINUSTAH sur la population civile des quartiers marginalisés qui d’ailleurs, ne se laisse pas intimidée. Quoique réputé proche du Président Leonel FERNANDEZ, il ne lui a jamais exprimé de réprobation en ce qui attrait aux mauvais traitements et aux crimes abominables répétés dont sont victimes les vaillants travailleurs haïtiens en République Dominicaine.

Justice sociale, équité, protection et respect des Droits Humains, notamment respect des Droits Economiques, Sociaux et culturels du pays profond, Président PREVAL s’en fout pas mal et s’est toujours arrangé pour atteindre son objectif. Voulant dissimuler son plan macabre et son incapacité à mener le pays à bon port, ce dernier se rabat sur la Constitution de 1987 en vigueur qu’il veut abattre à tout prix. En quel article la loi mère a-t-elle fait mention de privatisation, de plan néolibéral ou de MINUSTAH ?

Sur la base des faits que nous venons de démontrer, ne sommes-nous pas en mesure de formuler certaines questions telles que :
1. Est-ce le sauvetage de la démocratie ou le maintien de la dictature bi séculaire ?
2. Pourquoi veut-on endiguer coûte que coûte le processus démocratique initié par LAVALAS ?
3. Cinq ans après l’exil du Président Aristide : Mythe ou réalité (après la réélection de son pseudo-frère siamois –marassa- René PREVAL) ?

L’on ne devait pas s’attendre à ce que les défenseurs des intérêts hégémoniques du capitalisme international batte la grosse caisse autour du non respect des Droits Economiques, Sociaux et culturels des masses populaires. Le Premier Ministre actuel est de ceux qui en 2003 ont donné leur appui formel au processus de déstabilisation qui a enfoncé le pays dans les gouffres de cette violence structurelle bi séculaire. C’est une bataille acharnée et continue. Le Vietnam a défié le Pentagone. Cuba survit malgré l’embargo de la plus grande puissance mondiale et maintient son leadership, enfin, sur les pays de l’Amérique latine qui se sont orientés eux aussi vers le socialisme de gauche en rejetant l’impérialisme Nord américain et ses plans meurtriers.

Mario JOSEPH, Avocat
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dimanche 6 septembre 2009

17 OCTOBRE 2009, JOUR DE CONCERTATION ET DE LA DELIVRANCE


9 Septembre 2009 Pour Publication Immédiate
Contactez : Youseline Augustin Bell 954-670-9209

« SE NAN LINITE DESALIN AK ZANSÈT NOU YO TE BAN NOU LENDEPANDANS, SE NAN TÈT ANSANM SÈLMAN NOU MENM LAVALAS NOU KA BAY PÈP LA DELIVRANS »

Le Comité Fanmi Lavalas des Haïtiens d’Outre Mer invite tous les Lavalassiens, professionnels de la presse et amis de la démocratie à venir célébrer avec la « diaspora » floridienne la journée du 17 Octobre 2009 en mémoire du Général Jean-Jacques Dessalines, père de la patrie haïtienne.
Cette soirée de réflexion mémorable se déroulera sur le thème de l’expérience du 29 février 2004 et sur l’importance de l’Unité entre les membres afin de garantir la solidarité, la stabilité et le progrès au sein de l’Organisation. Ce sera pour nous l’occasion de faire le point sur nos différends et différences pour aviver la flamme de notre combat indivis. Cette commémoration représentera pour Fanmi Lavalas un jour de renouveau dans sa lutte contre l’exclusion sociale et pour une société économiquement juste et politiquement indépendante.
Lors de cette rencontre, les intervenants se pencheront sur les causes de l’exclusion Fanmi Lavalas des Joutes électorales du 19 Avril 2009 et définiront des techniques efficaces d’avancement de l’Organisation face au gouvernement Préval farouchement opposée à notre existence comme étant un regroupement politique. En outre, les dirigeants discuteront également de l’état d’avancement des négociations pour le retour au bercail du Représentant National.
Cette cérémonie se tiendra donc au local de la Nova SouthEastern University, logée au 1750 N.E. 167th Street, dans la ville de North Miami Beach en Floride. Ce jour même qui commémore la mort de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines sera un jour de résistance pour l’Organisation, ses partisans et tous ceux qui veulent à tout prix protéger notre démocratie naissante Moderne sous l’égide de Fanmi Lavalas.

La célébration qui aura lieu de 2hrs à 7hrs pm sera précédée d’une concertation en table ronde autour des thèmes suivants:

1- L’unité dans la diversité, point fort de Fanmi Lavalas

2- Fanmi Lavalas points forts, points faibles- Education Civique eut égard aux évènements historiques nationaux- L’importance stratégique de la multiplication des « Ti Fanmi »-Session stratégiques pour combattre l’exclusion dans le pays.

3- Support économique à nos organisations populaires- Mariage entre l’économie et la politique, condition indispensable pour le renouveau de Fanmi Lavalas

4- Renforcer à tous les niveaux l’unité entre tous les membres de Fanmi Lavalas

5- Perspectives de mobilisation pour le retour du Représentant National et la réalisation des aspirations de Fanmi Lavalas telles qu’exprimées dans sa charte.

YON SÈL NOU FÈB, ANSANM NOU FÒ, ANSANM, ANSANM NOU SE LAVALAS.


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samedi 5 septembre 2009

Rentrée des classes : Ruine pour les parents

Dans les pays à faible revenue à l’instar d’Haïti, même le bien le plus courant est devenu un luxe inabordable. L’éducation de par son aspect aristocratique et onéreux reste un privilège rare accordé à ces élites qui ont pu décrocher les faveurs de la Providence. C’est ce qui justifie que peu de gens ont accès à ce bien indispensable pour les rendre plus productif.
Les pseudos organisations de « Droits Humains » peuvent remuer ciel et terre pour obtenir la libération d’un hors la loi en dépit de flagrance. Mais, ne vous attendez pas à ce que l’une d’elle proteste contre cette douce violence institutionnalisée qui fait partie d’une pratique bien encrée dans cette société bâtie sur un socle volontairement asymétrique.
Tellement accoutumée à cette violence institutionnalisée, aucune instance ne considère l’interdiction d’accès à l’éducation comme une grave entorse aux droits sociaux de chaque enfant. Et, de sévères restrictions motivées par une perception raciste ont interdit l’accès à l’éducation à la majeure partie des couches du pays profond.
En Haïti, dans moins d’une semaine, se sera la rentrée des classes. Point n’est besoin de vous dire que la 55% des enfants en âge scolaire seront gardés à la maison faute de moyens économiques adéquats. Les parents jetés sur le pavé de la privation selon le vœu du plan néolibéral, assistent impuissamment à la flambée des coûts de l’écolage. Les propriétaires des Maisons d’Affaires Scolaires (MAS), motivés par l’appât du gain facile ont eu raison des petites bourses.
L’avarice sordide et incurable de ces propriétaires de Brikabrak Scolaire a pris le dessus et a eu gain de cause. Et ils ont tout fait pour que l’Etat en Haïti ne parvienne jamais à pourvoir à l’ensemble de la population les services sociaux de base dont l’l’instruction. Le complot de l’analphabétisme est l’un des modules du plan de l’ignorance mis en place par cette oligarchie rétrograde.
Motivée par cette obsession démesurée de matières sonnantes, ces classes dominantes d’apatrides comptent sur le support inconditionnel des traîtres de la classe moyenne privilégiée pour garder les couches des bas-fonds dans les ornières de l’ignorance. Et ce n’est que l’application de l’approche coloniale qu’ils s’évertuent à perpétuer.
Plus proche des bourreaux que des victimes le tonitruant Josué Mérilien n’a jamais pensé à dénoncer la hausse vertigineuse et injustifiée des frais scolaires. Mérilien et comparses, est aveuglé par les privilèges liés à son poste de coordonnateur d’une pseudo structure prétendument versée dans la défense des professeurs.
C’est tout aussi dire que ni les propriétaires de Brikabrak Scolaire ni les pseudos organisations de défense de professeurs et d’enseignants n’ont d’intérêts tout à fait particuliers dans ce processus de désintégration permanente de l’Etat ainsi que cette constante de déstabilisation qui en découle.
Quiconque croit dans l’épanouissement de l’homme haïtien devrait faire sienne cette logique visant à une plus large diffusion de la formation classique, professionnelle et universitaire. D’un autre coté, interdire formellement l’accès à l’éducation à une large frange de la société est un crime contre l’intelligence.

Une éducation médiocre aux plus offrants

Qui s’est une fois demandé pourquoi ceux qui ont fréquenté l’école ne sont pourtant pas parvenus à changer l’ordre des choses établies ? La réponse est si simple. L’école haïtienne forme intentionnellement des automates strictement programmés pour reproduire le statuquo inique.
Une étude du Ministère de l’Education Nationale a révélé qu’un tiers des enseignants ne sache pas aligner d’une façon cohérente deux mots dans une phrase. Tande koze wi mezanmi. Seulement 3% d’entre eux parviennent à faire une opération arithmétique du niveau de la 9ème année fondamentale. A peine 10% des enseignants du fondamental ont le profil requis officiellement. Rete mesye !!!
25% ont un niveau inférieur ou égal à la 9ème année fondamentale. Qui pis est, ils ne croient nullement en cette formation médiocre qu’ils dispensent. Les mêmes statistiques ont prouvé que le taux de rendement du système scolaire haïtien n’est que de 9%. Kouman n te vle pou l te ye lè se Merilyen ki Kòdonatè Ino?
Avez-vous une fois entendu un de ces propriétaires de Brikabrak Scolaires déplorer les résultats catastrophiques des examens officiels de fins d’études secondaires ni remettre en question la qualité de l’enseignement dispensé dans sa boutique? Non, pas une fois les propriétaires de syndicats d’enseignants n’ont osé se plaindre de la mauvaise qualité de l’enseignement dispensé par des professeurs syndiqués.
Josué Mérilien, recruté par la réaction internationale en 2002, aux cotés de Guy Philippe, de Ravix Rémissainthe, dans le cadre du processus de déstabilisation devant aboutir à cette nième occupation du pays, est pleinement satisfait de ces résultats aussi médiocres que le type lui-même.
Organismes, associations, fondations, fédérations, collectifs et autres repères d’opportunistes et de mesquins cherchent à tirer leur part du butin de l’ « ignorance institutionnalisée ». Parallèlement, des propriétaires de Brikabrak scolaire, aveuglés par leur inconscience d’airain, s’enrichissent aux dépends de ces parents saignés à blanc et livrés à eux-mêmes.
Ces obsédés de l’avarice n’ont pourtant droit au moindre reproche. Cette année comme à l’accoutumée, les coûts de l’écolage ont carrément doublé, triplé et dans certains cas même quadruplé. Tout dépend du niveau d’inconscience et d’avarice de son propriétaire uniquement motivé par l’appât du gain facile au lieu d’un curriculum réaliste adapté aux besoins réels du pays.
Cette augmentation aussi exagérée soit-elle, n’a pourtant rien à voir avec la qualité de l’enseignement dispensé qui dégringole d’année en année. Les résultats catastrophiques des examens officiels en sont des témoignages assez éloquents. Ni l’Etat, le 1er complice, ni les organisations de la société civile n’ont pensé à adopter des mesures adéquates visant à proposer des éléments de solution à la problématique de l’enseignement en Haïti.
Des parents désespérés
Cela fait cinq ans depuis que l’Etat par le biais d’une subvention appelée 14ème Mois soulage les parents à faible moyens du fardeau de la rentrée scolaire. Le mois d’août ne nous a pas encore apporté son lot de catastrophes. Mais les récentes déclarations du premier ministre et de celui des finances, par devant les Députés en ont tout l’air.
Chevauché par les mauvais esprits de la démence, de la mesquinerie et du cynisme, le Ministre Dorsainvil, sans état d’âme a lâché cette bombe qui a causé la désolation chez tous les parents indistinctement. « Cette année, il n’y aura pas de 14ème mois. Cette rubrique ne figure pas au budget 2008-2009 », a-t-il osé déclarer. Deklarasyon sa a pi mal pase yon siklòn. Pito mouche a te touye paran an yo.
Graduations, première communion, fête de noël, carnaval, sport, bibliothèque, séances de photos, sorties et autres, sont autant d’astuces et d’alibis auxquels les propriétaires de Brikabrak scolaire ont recours pour soutirer de l’argent des parents déjà appauvris. La majeure partie des écoles exigent le versement d’une somme en devises américaines dès mi juin pour « réserver » sa place
On a prévu des lois pour châtier sévèrement les kidnappeurs, les voleurs, les violeurs, les criminels et autres auteurs de menus larcins. Mais quelle instance viendra délivrer les parents et les élèves de ces experts en escroqueries à costume ou en corsage ? Faudrait-il il bien penser à châtier aussi durement ces directeurs et directrices gagnés par une cupidité sordide qui relève du crime parfait.
Le lundi 24 septembre dernier, le policier Jean Eric Jean Baptiste a trouvé normal d’abattre de sang-froid Edmond Dallus élève de rétho non loin de la Place Jérémie. L’acte crapuleux de cet agent de la police est motivé par le simple fait que le jeune Dallus revendiquait son plein droit d’avoir accès à l’éducation. Ou kwè nou tande ?
Le policier Jean Eric Jean Baptiste a bien appris la leçon des classes dominantes. Elles lui ont appris que le droit à l’éducation est strictement interdit aux fils du peuple. Puisque Edmond Dallus voulait enfreindre cette loi, l’agent de police lui a répondu par ses projectiles assassines. Et, la mort s’en est suivie. De par cet acte crapuleux, Edmond Dallus a payé de sa vie le fait d’avoir revendiqué son droit à l’éducation.
Pour le policier Jean Eric Jean Baptiste revendiquer son droit à l’éducation est une effronterie qui ne mérite rien d’autre que la mort violente. Men kisa w tande zòt di nan sa ? C’est l’occasion propice de se demander par où sont passés les fervents défenseurs de « Droits Humains » qui ne savent pas que le Droit à l’Instruction est aussi un Droit ? Sa l ye kounye a w bezwen pitit chimè ak Rat pa Kaka konn li ak ekri ? Kilès ki pral siye machin nou, fè jeran ak bòn lakay nou?

J. Fatal Piard

jeudi 3 septembre 2009

L’ÉVEQUE-BATISSEUR WILLY ROMELUS


La Grand’ Anse dit merci à l’Évêque-Bâtisseur Willy Romélus.
1- Le Concordat du 28 mars 1860.
2- Le Clergé indigène avec le Dr François Duvalier. Rappel historique.
3- L’intronisation des Évêques haïtiens. Propos de Mgr l’Archevêque François Wolf Ligondé.
4- 26 avril et 26 juin 1977. Nomination et consécration de l’Évêque Willy Romélus. Extrait de son discours de consécration.
5- L’Eglise Catholique et la lutte émancipatrice du Peuple haïtien. Willy Romélus, L’EVEQUE engagé, Émergence de Willy Romélus sur la scène politique. (1983, 1994, 2004) des années douloureuses et éprouvantes. Willy Romélus, l’évêque martyr. défenseur des pauvres et des exclus.
6- Willy Romélus l’Évêque Bâtisseur, le Progressiste, le Visionnaire.
(Ses réalisations, ses rêves, et la Cathédrale Notre Dame Miraculeuse)
7- Une vie de missionnaire bien accomplie. L’Homme de foi profonde. L’enfant de Marie. L’Homme de la Médaille Miraculeuse. Merci.
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En apprenant le 7 août dernier, la nouvelle du départ de son Excellence Monseigneur Willy Romélus de la tête du diocèse de Jérémie, spontanément le devoir de mémoire m’a interpellé. Féru de l’histoire de mon Pays ; Jérémien attaché à mon patelin natal ; Grand’Anselais, soucieux de l’avancement et surtout du désenclavement de mon Département ; fils très attaché à la mémoire de mon feu Père Maître Gérard Gilles qui fut un fervent admirateur de ce Grand Haïtien qu’est le Révérend Willy Romélus ; tout cela concourt à me pousser à lui rendre un hommage bien mérité et surtout en tant qu’ancien Sénateur, issu de ce Département, je me permets d’exprimer à son égard les sentiments de profonde reconnaissance de la population Grand’Anselais pour le travail accompli en faveur de son développement et de son émancipation, depuis son sacerdoce en tant que prêtre à Latibolière, localité située à 9 km de Jérémie, jusqu'à ses 32 ans d’Episcopat.
Lorsque le 28 mars 1860, les plénipotentiaires du Président Fabre Geffrard et ceux du Pape Pie IX signèrent le Concordat entre le Vatican et la République d’Haïti, réglementant les procédures ecclésiastiques, le Clergé haïtien était presqu’exclusivement composé de Français, un Clergé blanc qui, malgré l’article 4 de cette Convention, accordant le privilège de nommer les représentants de Saint-Pierre, aux Présidents haïtiens. Un Clergé français dans cette Haïti qui vient de conquérir son Indépendance suite au sacrifice de ses fils et filles face à cette France esclavagiste et raciste. Un Clergé blanc à prédominance française dans un Pays qui vient de se hisser glorieusement au sommet du Monde Noir. De là à cerner facilement l’un des facteurs étiologiques de notre mauvais départ comme Nation Souveraine… Mais ceci n’est nullement l’objet de notre texte et fait plutôt objet d’un chapitre d’un bouquin à paraître…
Un Clergé souvent étranger aux profondes réalités haïtiennes, voire même distant et réprobateur de ce merveilleux syncrétisme religieux haïtien. Une hiérarchie catholique distante et de caste qui évangélisait, bon gré mal gré, les enfants de Dessalines. Une évangélisation beaucoup plus proche de l’abêtissement, synonyme d’acculturation d’une petite élite, souvent zombifiée, sous l’emprise d’un opium délivré dans un latin qui tenait son mysticisme dans sa profonde incompréhensibilité. Mais un beau matin des années 1960, cette Eglise s’est trouvée dans le collimateur du Dr François Duvalier. A travers son dernier représentant, l’Archevêque Poirier, et les jésuites, elle s’est dangereusement dressée face au Tyran, lui donnant ainsi l’occasion rêvée de procéder à la constitution d’un Clergé Indigène avec la nomination d’Archevêque et d’Évêques haïtiens. C’est ainsi que le 15 août 1966, suite à d’intenses discussions diplomatiques, entre le Saint-Siège et le Gouvernement d’Haïti, est signé un protocole d’accord permettant au Président de la République de procéder à la création de ce Clergé Indigène qui lui tenait tant à cœur.
Force est de reconnaître que cette initiative du Président Duvalier constitue en lui-même un fait historique remarquable dans notre Histoire émancipatrice de peuple libre, quoique le mobile de cet acte ne fût que purement politique, un acte posé par un homme qui voulait asseoir sa puissance sur tous les compartiments sociaux et culturels de ce Pays. D’ailleurs ses propos en la circonstance sont bien édifiants de cette volonté hégémonique. « L’objectif auquel j’aspirais était non point la rupture avec ROME mais la constitution d’une hiérarchie catholique nationale intégrée par des fils du Peuple susceptibles de comprendre, de saisir le sens de ma révolution et de lui apporter leur aide, leur soutien dans le domaine religieux, social et qui sait ? Peut-être économique et politique. Cette alliance d’une révolution nationaliste, humaniste, de justice sociale, parée de hauts prélats issus du Peuple, n’était pas seulement la concrétisation d’un rêve de jeunesse, elle sublimerait aussi les luttes ardues, l’énergie des mesures et les sacrifices consentis.» rapportait le Docteur François Duvalier en la circonstance.
Même l’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on, or, le dessein de cet homme, derrière cette décision bouleversante serait d’apporter une plus grande harmonie au sein de la grande famille religieuse et culturelle haïtienne. Une Eglise Catholique qui s’est imposée depuis des années dans le réel culturel et religieux haïtien, malgré l’incontournable et l’indéracinable attachement de la grande majorité à son vaudou maternel et ancestral. Cette grande première dans les annales religieuses haïtiennes devrait permettre un meilleur équilibre et une meilleure intégration de la grande famille haïtienne. D’ailleurs l’allocution, ce jour là, du Premier Archevêque haïtien annonçait ce rapprochement qui malheureusement ne s’est jamais concrétisé dans le vrai. Connu pour sa belle rhétorique, le jour de sa consécration épiscopale, le 28 octobre 1966, Mgr François Wolf Ligondé a poussé un si beau cri que l’on croirait entendre un Leonardo Boff ou un Frei Betto : « Fils d’une terre de pauvreté, nous sommes sensibilisés aux misères du Monde, aux besoins des déshérités de la fortune et du savoir... Nous voulons faire entendre au monde le cri de tous les petits, de tous ces hommes harassés et brisés qui doivent retrouver leur pleine dignité et qui attendent sur la route ceux qui transparaissent celui qui est la pureté de la lumière miséricordieuse. L’Eglise du Christ servante des pauvres ne se désintéresse donc pas de la souffrance des hommes. Et les grands problèmes sociaux de notre temps : alphabétisation des masses, développement communautaire, élévation du niveau de vie de nos populations, sont déjà l’objet de réflexions, de préoccupations pastorales de nos démarches ».
C’est à l’Archevêque Ligondé de savoir, au soir de sa carrière de Représentant du Christ sur la terre, si ces belles paroles ont été en conformité avec les actes posés durant son sacerdoce épiscopal, s’il a su transformer en actes la vision de l’Eglise dictée par le Pape Pie XII qui disait bien que l’Eglise n’évangélise pas en civilisant, elle civilise en évangélisant. Une Eglise qui doit promouvoir les valeurs humaines fondamentales sans lesquelles il n’y a pas d’humanité et les valeurs culturelles originales par lesquelles elle fait passer son message de respect de la personne humaine, de liberté, d’amour des hommes et d’unité.
Cette mesure révolutionnaire prise par le Président Duvalier a permis l’érection du diocèse de Jérémie, en 1972, ayant vu la nomination de son premier Évêque Monseigneur Carl Edward Peters, qui, malheureusement trois ans seulement après cette désignation s’est endormi du sommeil éternel. Il a fallu deux ans aux autorités d’alors pour élire à la tête du diocèse le prêtre de Latibolière dont la renommée en matière d’engagement et de progrès réalisé dans la zone forçait l’admiration de plus d’un, déterminant les responsables à faire appel à lui pour diriger et administrer l’évêché de la Grand’ Anse. Le Prêtre Willy Romélus, un 26 avril 1977 vient d’être choisi par Le Pape Paul VI et le Gouvernement haïtien pour remplacer le défunt évêque Peters. Et le 26 juin 1977, la ville de Jérémie, dans une euphorie générale, une véritable liesse, célébrait en grande pompe la consécration du prêtre bâtisseur de Latibolière, devenu Evêque par la grâce de Dieu et de sa bonne réputation d’administrateur et de fidèle Serviteur du Christ Jésus.
Son discours d’intronisation, que jalousement gardait dans sa bibliothèque mon feu Père, traduisait la conviction profonde d’un homme, pétri d’humanisme, croyant en une Eglise Catholique, activement et concrètement engagée dans ce processus d’option préférentielle pour les pauvres, une Eglise soucieuse tant du bien-être spirituel que matériel de ses fidèles. Une Eglise adaptée aux exigences du milieu social que religieux, recherchant cet équilibre harmonieux entre le spirituel et le temporel, admettant cette corrélation profonde et obligée entre l’esprit et les bases existentielles. Une Eglise appelée à déclencher un remous qui dissout le suranné pour ensemencer l’innovation commandée par le présent et détentrice des lendemains florissants et à concilier la satisfaction des réquisitions du Corps et celle des requêtes de l’âme. Un discours dont il va suivre les moindres aspects durant son long sacerdoce. D’ailleurs la vie du Prêtre de Latibolière était déjà en conformité avec cette vision sociale, humaine et progressiste du Nouvel Évêque Romélus.
Savourons-en un extrait : « La prédication dont parle le Christ est parole, exemple et action. Proclamer la parole serait vain aujourd’hui et n’apporterait pas le changement désiré, si l’apôtre n’appuyait pas ses dires de faits concrets, ceux-ci étant en effet plus aptes que ceux-là pour la transformation recherchée. Prêcher l’évangile donc, ce n’est plus parler d’un Dieu abstrait, c’est montrer que Dieu est là, vivant, présent et qu’il agit en tout et en tous, partout et toujours. Il est celui qui est. Prêcher l’Évangile, ce n’est plus dresser un catalogue de vices ou même de vertus, c’est aussi et surtout parler du Dieu d’amour, c’est porter Dieu au monde et le monde à Dieu, c’est travailler pour atteindre l’homme dans son intégralité.
Mgr Romélus poursuit pour loin : « L’évêque s’efforcera donc de produire tous les traits du Christ. Comme le Christ et à la suite du Christ, il jettera un regard de bonté sur cette foule immense qui accourt pour entendre la parole, mais qui au fond dans toute sa patience et sa bonne volonté, ressent tant de besoins à satisfaire. Oui, il sentira partir de son cœur ce cri angoissant : « J’ai pitié de cette foule ». Et le Christ n’a pas seulement lancé ce cri, il a agi. Il s’est attaqué à tous les problèmes confrontés par cette masse qui criait comme des brebis sans pasteur : la faim, la soif, les maladies, l’ignorance, la misère, sous toutes ses formes. Le Christ était mû par l’amour, un amour désintéressé qui n’envisageait pas le bien des autres… Nous tous qui avons une certaine responsabilité, c’est cet amour qui doit être le mobile de notre action. »
Ah oui, de cet amour désintéressé auquel se réfère Martin Luther King, un amour puissant que ce Grand Pasteur noir américain appelle l’Agapè, utilisant un mot grec qui désigne l'amour qui donne, qui regarde l'autre pour ce qu'il est, et non pour ce qu'il peut vous apporter. Selon ses propres mots, "It is an overflowing love which is purely spontaneous, unmotivated, groundless, and creative. It is not set in motion by any quality or function of its object. It is the love of God operating in the human heart.” Le sacerdoce du prêtre de Latibolière, homme animé de cet amour, pétri de cet humanisme, était réellement en conformité avec cette vision de l’amour christique. Plus loin, des exemples concrets, tirés de son Œuvre, seront cités pour corroborer la puissance de cet amour débordant, spontané, sans fondement exact et surtout créatif.

La presse jérémienne, ce jour-là, ne ratait pas l’occasion de relayer ce sacre dans tous ses aspects, religieux et festifs. D’ailleurs, grâce à la gentillesse de ce congénère de la Grand’ Anse, le Directeur de Radio Tropic FM, l’inestimable Guy Jean, qui voue ce même respect, cette même sympathie à Monseigneur Romélus, j’ai pu obtenir un numéro de l’Assotor, journal écrit de la ville, en ce temps là. Ce fut vraiment une belle fête. Des fleurs qui embaumaient la Cathédrale Saint-Louis, à celles semées sur tout le parcours du Prélat, nouvellement consacré, en présence de l’Archevêque de Port-au-Prince d’alors, Monseigneur François Wolf Ligondé. Enfant, je me souviens de cette grande liesse, de cet émoi, de cet espoir suscité par ce choix. Je revois mon bien-aimé Père, tout ému par la simplicité voire même la sobriété, frôlant la timidité du nouvel évêque, mon Père qui nous raconte cette cérémonie et surtout les paroles fortes de ce Discours d’un Homme, refusant de faire allégeance à un pouvoir obscur et tyrannique. Enfin une semence d’espoir dont les fruits ont tenu la promesse des fleurs. Pas de ces espoirs vains, mensongers et ingrats qui assèchent le cœur, et qui poussent à la révolte légitime. Suivez mon regard.

Une Eglise Catholique engagée sous le leadership de Monseigneur Willy Romélus, l’Évêque-courage, l’Évêque-martyr….
Évêque, l’homme est resté égal à lui-même, en ces moments noirs de la vie sociale et politique des années 70, ces moments où l’on parlait par signes pour répéter ce poète. Évêque, il entendait poursuivre sa mission d’Évangélisation et de Civilisation, initiée à Latibolière en tant que Prêtre. Il a pleinement conscience que l’Évangélisation ne saurait être une entreprise isolée, coupée de son contexte social, économique voire même politique et régie par des dogmes préétablis, cadenassés et inamovibles. Et la nouvelle Eglise Catholique Haïtienne, avec Messeigneurs François Gayot et Willy Romélus avaient compris que l’Evangélisation doit s’adapter aux réalités douloureuses du milieu et qu’elle avait pour mission d’affronter ses contingences et de pousser les hommes à réaliser cette harmonisation du spirituel et du temporel en les responsabilisant face à leur avenir en vue d’un lendemain prospère et émancipateur, des « hommes qui doivent devenir acteurs de leur destin ». Même si Mgr Gayot, plus loin, finira par prendre ses distances avec ce vaste mouvement revendicatif national et adoptera une position plutôt conservatrice.
Début des années 80, la dictature duvalierienne fait rage, n’arrivant pas à s’adapter aux nouvelles donnes internationales, axées sur le respect des droits fondamentaux de l’homme et le droit à l’émancipation des peuples. Monseigneur Willy Romélus évangélise son peuple. Le mobilise contre la dictature. Le civilise. Le Concile des Jeunes réalisé à Jérémie rassemble les jeunes de tous les départements autour du charisme de l’Évêque. Le mot d’ordre est lancé. « Legliz se nou, nou se legliz ». Véritable communion entre le berger et son troupeau. La fin approche. 1982, l’année de tous les espoirs. Les Sbires du Pouvoir menacent la vie de l’Évêque. Des cagoulards seraient venus de Port-au-Prince, envoyés par un certain Roger Lafontant, attenter à sa vie. Un grand mouvement de solidarité s’organise autour de lui. Mais, il n’a pas peur. Il n’a jamais peur. Mais ne cherche pas le martyr. Il prie et veille sur le troupeau.
Le Pape-pèlerin Jean Paul II annonce sa visite en Haïti. La mobilisation se renforce encore plus autour de cette visite. Jeune adolescent, je me souviens de ce grand rassemblement organisé à l’Ecole Saint Jean l’Évangéliste, à Turgeau, (P-AP), où l’Évêque Willy Romélus suscitait tant d’enthousiasme et galvanisait les espoirs d’un changement profond. Je me tenais au deuxième étage quand il fit son apparition sur le podium construit en la circonstance. Tout de gris vêtu, mince, svelte, il livrait son bref message d’amour à cette foule immense, composée en majorité de jeunes assoiffés de changement et déterminés à en finir avec cette dictature stérile, improductive et obscurantiste. La cérémonie, une fois achevée, s’est transformée spontanément en une marche pacifique au son de l’Ave Maria, tout au long de l’Avenue Jean Paul II(Turgeau). Des arrestations et bastonnades s’en suivirent mais ce ne fut que le début de la fin.
Puis vinrent le Pape et son fameux cri en faveur du changement. L’Eglise, de plus en plus déterminée à remplir son rôle civilisateur, continue son travail de forgeuse d’une nouvelle conscience nationale. 1985, Jean Robert Cius, Makenson Michel, Daniel Ismaël tombent aux Gonaïves. La Fin approche, le monstre se fait encore plus méchant. Il perd son calme. Monseigneur Willy Romélus n’hésite pas à traverser Port-au-Prince pour se rendre aux funérailles de ces jeunes. Gonaïves est en ébullition. Haïti pleure ses enfants fauchés par les balles assassines des sbires du Pouvoir.

7 février 1986, Duvalier quitte le pouvoir. L’Eglise est reconnue comme le véritable fer de lance de ce mouvement libérateur. Mais l’Eglise s’est arrêtée en route. La Hiérarchie Catholique a pris peur et se rétracte face à la dimension du travail qui l’attend de conduire le troupeau vers la terre promise. Mais Mgr Willy Romélus, lui, continue son travail d’émancipation. Les Bases de l’Eglise, groupées en TI LEGLIZ s’activent contre le régime successeur à Duvalier qui voulait perpétuer un Duvalier sans Duvalier. L’Evêque-Courage lance son mot d’ordre de rache manyok. Le Peuple le suit mais échoue momentanément face aux intérêts puissants d’une Communauté Internationale et d’une Elite locale déterminées à récupérer ce mouvement populaire trop progressiste et inclusif à leurs yeux. Mais ces dernières n’ont pas compris que ces moments ne furent qu’une étape dans la lutte émancipatrice du Peuple Haïtien. Ce rache manyok ne fut que le mouvement précurseur de celui qui portera le peuple au pouvoir le 16 décembre 1990.
16 décembre 1990, le peuple haïtien continue de faire l’histoire. Le Père Jean Bertrand Aristide, considéré comme le fils spirituel de Monseigneur Willy Romélus dont il est d’ailleurs parent, accède à la Magistrature Suprême. A travers ce mouvement mystico-religieux et des élections que l’on considère comme les premières démocratiques de notre histoire, le Peuple vient de défier et de rejeter cette démocrature, forme de gouvernement à visage démocratique sur fond de dictature, que l’on a tendance à lui faire avaler, pour choisir la démocratie véritable. La grande entreprise de civilisation, de conscientisation instaurée par l’Eglise dans les débuts des années 80 a fini par porter ses fruits avec l’avènement d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes déterminés, de nouveaux citoyens conséquents. Malheureusement cette élection a réveillé les vieux démons racistes et exclusivistes des Grands de ce Monde qui refusent à ce Peuple le droit de choisir ses dirigeants au nom des principes sacro-saints de cette démocratie (démocrature ?) dont ils disent être les hérauts.
Le 30 septembre 1991, sept mois seulement après cet acte souverain et démocratique, les élites minoritaires de concert avec la classe politique traditionnelle ont noyé dans le sang cet espoir suscité avec l’ascension à la Présidence de ce Représentant légitime, ce Leader National que le Peuple s’est octroyé. Jean Bertrand Aristide a du prendre le chemin de l’exil. La démocratie vient de se transformer en source de malheurs, de deuil et de déboires d’un Peuple obligé de résister durant trois années cauchemardesques au cours desquelles il a du faire face à des escadrons de la mort, n’hésitant pas à livrer ses cadavres aux chiens et aux porcs, voulant ainsi les contraindre à ravaler leur insolence d’avoir élu à la plus haute Magistrature ce fils de Paysan, nous rappelant les paroles de Gerin à l’endroit de l’Empereur Dessalines, sacrifié pour avoir voulu cette société inclusive, d’égalité et de justice sociale, anti-apartheid à laquelle il aspire tant, ce peuple.
Alors, L’Évêque-courage Willy Romélus, de concert avec plusieurs autres prélats engagés, condamne ce coup d’Etat et résiste, de son Evêché sis à Brouette, Jérémie. Des religieux et laïcs s’en trouveront menacés, et même assassinés. Mais il ne lâchera pas, à l’image de ce Peuple d’Haïti, Quisqueya ou Bohio, fier, rebelle et résistant.
1991-1994, trois années de grande résistance. L’Évêque organise cette résistance à l’Oppression. Le 25 février 1993, Mgr Willy Romélus, suite au naufrage du bateau Neptune, organise une messe à la Cathédrale de Port-au-Prince pour honorer la mémoire des victimes. Dans une ambiance électrique et de passions débordantes, la foule fustigea les responsables de facto d’alors et aux cris de « Vive Aristide !!! », réclamaient justice pour les parents de ces victimes de la légèreté et de l’insouciance de l’Etat. Et à la sortie des fidèles de cette messe symbolique, Mgr Willy Romélus, fut agressé par près de 60 hommes qui n’ont pas hésité à le rouer de coups. Sa soutane fut déchirée. J’ai en mémoire l’émotion de mon feu Père. Face à tant de sauvagerie, il s’est écrié : Sacrilège !!! Mais quand Mgr Romélus, sourire aux lèvres, raconte quelque temps plus tard, sa mésaventure, ému, mon Père me disait que cet Homme d’une grande piété mérite l’admiration de tous. Car, il n’y pas de preuve de plus grande spiritualité, de plus grande philosophie, que cette capacité de rire même dans les moments de grandes difficultés. Or, il est bon de rappeler que quelques semaines plutôt, soit le 8 février 1993, un jour avec ce naufrage, L’Évêque-martyr et 25 prêtres avaient procédé à la Cathédrale de Jérémie à une ordination qui devait être suivie d'une procession. Les militaires dispersèrent à coup de bâtons les participants dont quelques-uns, à la suite de la raclée qu'ils reçurent, furent transportés à l'hôpital. Un peuple résistant aux cotés d’une Eglise résistante, symbolisée par Mgr Romélus et qui l’incite à « prendre ses responsabilités, à être acteur du changement, à arracher lui-même les racines de l’injustice », selon la vision de l’Évêque, que ne partage plus malheureusement une hiérarchie Catholique de plus en plus distante, de plus en plus conservatrice. Serait-ce là l’un des facteurs prémonitoires à cette perte de confiance constatée d’une frange assez considérable de nos fidèles à l’égard de notre Eglise Catholique, Apostolique et Romaine ? Autre débat !!! Mais le Peuple continue son chemin vers cette terre promise. Pwomès se dèt !!!

Et le 15 octobre 1994, Jean Bertrand Aristide retournera alors dans son Pays. Un autre Président, proche du Leader National Aristide, militant aussi de ce mouvement populaire mystico-religieux, culturel et politique, et bénéficiant de la popularité de son prédécesseur, monte au pouvoir. René Préval devient Président. La Démocratie semble être finalement mise en branle. Pour de bon, cette fois. L’alternance démocratique est respectée. Le mandat de René Préval est achevé dans son intégralité. L’Évêque Willy Romélus s’adonne pleinement à sa tache de missionnaire de la foi et de grand civilisateur.

Plus loin, se pliant aux exigences démocratiques et aux échéances constitutionnelles, le Peuple a élu majoritairement au Sénat et à la Chambre des Députés ses représentants pour voir plus loin les forces traditionnelles locales qu’internationales contester leurs résultats qui ne furent que le reflet de la faiblesse des partis politiques et du manque de proximité de ces forces rétrogrades avec l’électorat majoritaire. Des élections contestées par une minorité incapable de convaincre l’électorat haïtien mais assez puissante du point de vue médiatique et financier, pour falsifier les informations et empoisonner le climat social.
Malgré tout, le peuple haïtien renouvelle sa confiance en Jean Bertrand Aristide en l’élisant, le 26 novembre 2001, une seconde fois, à la Magistrature Suprême au cours d’élections libres et démocratiques, quoique boycottées par une opposition minoritaire et lâche, déjà assurée de sa déroute face à la popularité phénoménale du Leader National.
Dès l’inauguration de son nouveau mandat, des mouvements subversifs tant armés que politiques, orchestrés par une opposition antidémocratique et une fraction minoritaire de la société civile, principal fer de lance de cet apartheid social se mettent à empoisonner la vie politique et sociale. Une nouvelle fois, la démocratie est mise en déroute. Jean Bertrand Aristide, embarqué de force dans la nuit du 28 au 29 février 2004 pour une destination jusque là inconnue par le kidnappé, n’a pas terminé, une fois de plus son mandat. Et le calvaire du Peuple d’Haïti reprend de plus belle avec son cortège de morts, d’ « arimay » dans les quartiers populaires suivis d’arrestations arbitraires, ses descentes d’escadrons de la mort, semant le deuil au sein de la population, avec ses nuits d’horreur, ponctuées de cris de douleur, aux cieux troués de décharges d’armes automatiques, troublant le sommeil des habitants des quartiers pauvres dits de non droit. L’Évêque Willy Romélus résiste, condamne ce kidnapping. Mais malgré son retrait de la vie politique active en ces moments, des voyous de tout acabit, dans leur melting-pot subversif de grenn nan bouda (GNB), ont attenté une nouvelle fois à sa vie. Toutefois, il continue à réclamer encore et encore plus de justice pour ce peuple trop souvent opprimé. Il a entendu son cri comme Jésus et continue à lui donner son amour.
Cet amour désintéressé, cet « agape lutherkingnien » le poussent à sacrifier sa vie pour ces infortunés de l’avoir et du savoir, ces victimes d’un apartheid bicentenaire qui refusent malgré tout de baisser les bras. Un amour qui se veut, non seulement désintéressé mais aussi créatif et producteur. Dans son discours de consécration, le 26 juin 1977, il annonçait déjà son désir de traduire dans les faits son amour pour ses sœurs et frères haïtiens : « un pareil amour au cœur de chaque haïtien ne manquera pas d’inventer des solutions à bon nombre de nos problèmes et Haïti sera ce que tout bon patriote souhaite : une terre où, en plénitude, seront réalisées nos deux belles devises : L’union fait la force et Liberté, Egalité, Fraternité ».

Mgr Willy Romélus l’Évêque Bâtisseur, le Progressiste, le Visionnaire !!!

Au nom de cet amour créatif, il a parcouru l’Europe et l’Amérique à la recherche de soutien, de solidarité, de financement, afin de trouver des solutions aux problèmes de la population de la Grand’ Anse. Reconnu déjà comme un brillant administrateur suite à son passage à la paroisse de l’Anse-à-Veau, en 1963- (un vicariat qui ne fut pas long)-, il fut transféré à la paroisse de Notre Dame du Perpétuel-Secours de Latibolière, située à quelque 9 km de Jérémie ; d’où il n’a pas tardé à mettre au profit des habitants de cette localité ses talents d’administrateur et d’homme de Dieu de 1965 à 1977. Du Curé de Latibolière à l’Évêque de la Grand’ Anse, il n’a pas marchandé, ni ménagé ses efforts pour travailler à l’émancipation des habitants de la Grand’ Anse. Il fonda à Latibolière l’école Notre Dame du Perpétuel-Secours, l’Ecole rurale de Latibolière remise à l’Education Nationale et qui porte aujourd’hui son nom. Il fonda le Collège Alexandre Dumas en hommage au grand écrivain français d’origine jérémienne. Il y a construit aussi un Dispensaire de santé ainsi qu’un magasin communautaire, etc.… Nombreuses sont ses réalisations dans la zone. Aujourd’hui, Latibolière est devenu un haut lieu de pèlerinage faisant la fierté des nombreux croyants Jérémiens. Le culte à la Patronne d’Haïti y est religieusement suivi. Cet Enfant de la Vierge Marie, d’ailleurs ne rate jamais l’occasion d’invoquer la Mère de Dieu tant dans les moments de Joie que de tristesse.
Devenu Evêque, le Prélat de la Grand’ Anse continue avec la même sagacité, la même ténacité ce travail de civilisation et d’Évangélisation que prônait le Pape PIE XII. Une Eglise appelée à civiliser et à évangéliser, guidant les hommes vers plus d’humanité sur le chemin de l’amour et de la paix. Une Eglise, nous nous répétons, en quête perpétuelle de cet équilibre harmonieux entre le temporel et le spirituel. L’une de son approche favorite de cette volonté civilisatrice, c’est son dévouement à ouvrir les champs du savoir aux plus faibles, à ceux que notre société d’apartheid à double vitesse, prénomme paysans. Or il a bien compris, comme son fils spirituel Jean Bertrand Aristide, que l’éducation est la base de tout développement humain durable. Une évangélisation, synonyme de démocratisation du savoir.
Mais, malgré la communion d’esprit et de pensée qui existait entre Jean Bertrand Aristide et moi, je ne m’étais jamais rapproché de cet homme de foi avec qui le Leader National entretenait des relations plus que cordiales, pour ne pas dire filiales. Les rares fois que je le côtoie, j’ai toujours en mémoire les paroles profondes de mon feu père Maître Gérard Gilles le concernant, en se référant à ses réalisations sociales dans mon département natal : « Si notre puissante Eglise Catholique avait en son sein au moins 5 autres Evêques de la trempe, de la foi et du mâle courage de cet Homme, Haïti cesserait de patauger dans ce sous-développement chronique, notre système éducatif s’en trouverait renforcé et cette décentralisation dont tous parlent sans y croire serait devenue une réalité. » J’ai toujours été intimidé par l’Homme au front serein, qui ne s’épanchait pas facilement. Je gardais envers lui et garde encore une distance respectueuse empreinte d’admiration. J’ai particulièrement apprécié son accueil quand je lui rendais visite en 1995, comme médecin-résident à l’Hôpital Saint-Antoine de ma ville natale. Une autre fois, la seule où je me sois retrouvé pratiquement en aparté avec lui, comme Sénateur de la République, ce fut au cours d’une conversation profonde et longue dont je me garde de révéler le contenu. Définitivement, c’est un homme jalousement et véritablement engagé en faveur de l’émancipation et le progrès de son Pays et qui cherche par tous les moyens à sauvegarder nos valeurs culturelles, religieuses et morales.
En effet, malgré les adversités rencontrées sur son chemin épiscopal ; malgré les incompréhensions de toutes sortes ; de concert avec les jeunes du département, il fonda le PRED ( Projet régional d’Education pour le développement du diocèse de Jérémie) qui a abouti à la construction des écoles primaires et secondaires, une école d’infirmiers et d’infirmières dont j’ai eu l’honneur d’y dispenser des cours de sémiologie médicale durant ma résidence hospitalière, une faculté de Droit qui produit chaque année des juristes brillants qui font honneur à ce constat reconnu par plus d’un, que la Grand’ Anse est le grenier de l’intelligentsia haïtienne. Sur les ondes de Tropic Fm, en 2007, dans une émission du juriste-journaliste Paul Morin, en compagnie du Bâtonnier de l’ordre des Avocats de la Capitale, Maître Gervais Charles, Grand’Anselais aussi, je me félicitais du travail accompli par Monseigneur Willy Romélus dans notre département natal. Le Bâtonnier n’a pas mis du temps, lui non plus, pour rendre un hommage bien mérité à cet Évêque, admiré autant par son Père feu l’éminent Juriste Louis Charles. Quelque soit la personne et de quelque horizon politique ou social elle vienne, elle ne saurait ne pas reconnaître l’entreprise civilisatrice de cet originaire d’Arniquet du Sud mais qui a tant donné à la Grand’ Anse en termes de réalisations progressistes où l’Education constitue l’une de ses priorités tout comme elle le fut pour son fils spirituel devenu Chef d’Etat. Ce texte-conférence serait vraiment trop long si je me mettais à citer de manière exhaustive les nombreuses réalisations de cet Homme de foi et d’action. Par exemple, la reconnaissance des jeunes de Jérémie envers le Prélat pour la construction du Complexe Socioculturel, communément appelé Foyer Culturel, est à mettre en exergue. Mais pour nous tous dans la Grand’ Anse et surtout à Jérémie, notre plus bel objet de fierté allait être la Cathédrale de La Médaille Miraculeuse, qui devrait être une des plus belles des Caraïbes, dont l’achèvement se fait attendre. Témoignage vibrant de la profondeur de la foi de cet Homme, d’une grande piété filiale à l’égard de la Sainte Vierge Marie, qui allait être un véritable lieu sacré des pèlerins de Marie. Cette Cathédrale allait attirer tant de chrétiens, venus de partout témoigner de leur foi chrétienne, de leur amour à la Vierge Miraculeuse, Patronne d’Haïti et en même temps admirer cette œuvre d’une grande beauté architecturale.
Une Cathédrale dans la grandeur majestueuse de la Basilique Notre Dame de Chiquinquira en Colombie, de celle de Higuey en République Dominicaine qui attirent tant de fidèles chaque année. Tout ceci contribuerait à rehausser encore plus la Cité des Poètes, à exposer la Grand’ Anse à d’autres regards et surtout à ouvrir ce Département, trop enclavé vers d’autres perspectives de développement touristique. Si les Jérémiens sont attachés à leur chère Cathédrale Saint Louis, ils ont compris toutefois l’importance que revêt pour leur futur tant spirituel que social l’érection de la Cathédrale Miraculeuse et nous espérons vivement que le Monseigneur-successeur Joseph Gontrand Decoste comprenne bien la portée tant mystique que culturelle de cette œuvre et s’attachera à l’achever pour le grand bonheur de son prédécesseur et des millions de fidèles de la Vierge Miraculeuse.
Mgr Willy Romélus, l’Homme de foi,
Cette œuvre est le témoignage le plus profond de la foi de Mgr Romélus, disais-je. Je me souviens, en décembre 2000, sénateur de la République, accompagnant le Président Préval dans la tournée d’adieu de son premier mandat si positif, j’ai eu la chance d’écouter l’Evêque-bâtisseur raconter ses révélations mystiques qui l’ont conduit à bâtir cette œuvre. Chose rare de sa part, car peu enclin à des épanchements en public, étant de nature très réservée. Face à tant de foi mêlée de béatitude chrétienne, mi ému, mi amusé, je soufflai au Président Préval mon incompréhension face à tant de piété, frisant une certaine puérilité de la part d’un septuagénaire presque. Spontanément, le Président, aussi troublé que moi, m’exprima lui aussi, d’un ton proche de douce réprimande, son émotion et surtout son profond respect et son admiration pour cet homme, apparemment en communion constante avec sa foi, ses convictions religieuses et politiques restées intactes. Je me suis rendu compte pourquoi mon bien-aimé Père admirait ce Ministre de Dieu avec autant de ferveur. Traverser tant d’épreuves dans sa vie et rester avec cette foi intacte est tout simplement admirable et communicatif en « ce temps qui bat le tambour, où les hommes préfèrent la guerre à l’amour » comme dit la Chanson.
J’ai aussi compris pourquoi nombre d’haïtiens et de chrétiens à travers le Monde, proposaient le nom de Mgr Willy Romélus à la Candidature au Prix Nobel de la Paix. S’il ne l’a pas obtenu, malgré son infatigable lutte en faveur des pauvres, des infortunés du savoir et de l’avoir, nous, haïtiens des 4 coins du Monde devons lui rendre un hommage bien mérité et même lui dédier le Nobel de Grand Bâtisseur de Foi, de Grand Promoteur de l’amour et de la Paix. Honneur à cet Homme qui, hier, encore, regrette les grandes déchirures du tissu social haïtien et qui implore Dieu et la Vierge d’intercéder dans le cœur de nos sœurs et frères haïtiens pour une plus grande unité de la grande famille haïtienne, seule apte à nous tirer de ce marasme économique et social.
De son discours de consécration épiscopale à aujourd’hui, cet homme, cet enfant de Dieu a fait concrètement de son sacerdoce un tremplin formidable pour concilier le spirituel et le temporel. En terminant son discours en 1977, il cria ses mots : « Nous devons former un faisceau pour une Grand’ Anse belle, prospère, unie dans une Haïti régénérée où ces mots trouvent leur sens vrai : Dieu, Patrie, Travail. » Nullement des paroles d’un pharisien, il a tout fait durant son sacerdoce pour rendre belle la Grand’ Anse dans la mesure de ses maigres moyens recueillis de par le monde. Et il a sacrifié sa vie à l’image du Christ pour contribuer a la régénération de notre chère Haïti, « léguée par les Aïeux qui se sont livrés pour nous, dont nous jouissons de leur legs acquis au prix du sang » pour le répéter encore dans ce discours. Car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. (Jn 15,13), de même que l’amour nourri pour la Patrie commune et nos frères, ne peut se confondre avec l’égoïsme. Il doit être plutôt l’amour véritable qui préfère le bien commun au bien propre, l’avantage des autres au sien, l’amour qui va jusqu’au sacrifice de l’être aimé, concluait-il, en 1977, par devant les représentants d’un pouvoir dictatorial, obscurantiste, privilégiant le gaspillage, le vol des deniers publics, l’exploitation des plus faibles sans oublier la haine sociale.
Merci Monseigneur Willy Romélus !!! Pour répéter le Leader National, la reconnaissance est la mémoire du cœur !!! La Grand’ Anse et Haïti vous seront à jamais reconnaissants. Sachez combien nous, Filles et fils de ce Département chéri, sommes tristes de votre départ, dû à ce temps qui pour vous non plus n’a pas su suspendre son vol, malgré votre envie toujours intacte de servir la Grand’ Anse, de servir votre Pays. Vous faites partie, grâce à la puissance de votre foi et de vos convictions, de ces hommes qui ne vieillissent jamais, qui restent les enfants du Bon Dieu.
Quelque part dans les Caraïbes, à quelques encablures de nous, un homme est resté tout aussi jeune malgré les coups de griffes inéluctables du temps, grâce encore à la puissance de sa foi en un Monde plus juste, plus fraternel. Certes, il a eu la chance de servir son Pays à plus haute échelle, contrairement à vous. Vous êtes bien plus jeune que lui, heureusement. Hélas, vous avez décidé de partir, le temps venu de remettre la soutane de l’Évêque mais Haïti espère tant que vous continuiez à l’aimer de cet amour agape, et à nous encourager à rechercher cette unité, si nécessaire à notre survie de Nation. Cette Nation que vous portez si profondément dans votre cœur de grand patriote. Chapeau Évêque-bâtisseur !!! Par ma voix et dans son sommeil éternel, mon père Maître Gérard Gilles vous dit merci au nom de tous les Jérémiens, partis avant nous, retrouver Yahvé et notre Mère Marie ; et au nom de tous les haïtiens conscients de la Grandeur de la Mission accomplie, je vous dis MERCI.
Dr Louis Gérald Gilles
Ancien Sénateur de la République
Fils de la Grand’ Anse



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