vendredi 31 juillet 2009

Lettre ouverte au Président Obama

Monsieur Obama, un sort magnanime a bien voulu que vous soyez Président des Etats-Unis. A ce poste combien important, il vous incombe subséquemment l’insigne honneur d’influer sur la destinée de cette Amérique en proie à ce tsunami socioéconomique suite à une gestion irrationnelle du pouvoir par les Bush père et fils.
Et, c’est justement en temps que premier mandataire de cet empire prédateur que nous vous faisons parvenir cette correspondance. 28 juillet 1915, 28 juillet 2009, 94 ans depuis que les marines aux étoiles apocalyptiques, par suite de chamboulements programmés, ont fait un débarquement intempestif en Haïti.
En ce temps là rappelons-le, la terre sacrée de nos ancêtres portait encore les stigmates indélébiles de 4 longs siècles de sauvage colonisation européenne. 1915-2009, 94 ans depuis que les Etats-Unis d’Amérique se sont rendus coupables de mortifications irrémédiables aux dépends de la souveraineté d’Haïti et aux droits sacrés de son peuple à l’autodétermination.
A l’occasion de la commémoration de cette triste date, nous, du Kolektif Aksyon pou Defann Anplwaye Viktim (KADAV), avons jugé opportun de vous faire parvenir ce vibrant plaidoyer en faveur de tous les peuples victimes de criantes injustices de violences de toutes sortes et de guerres destructrices.
Nous pensons qu’il vous serait utile de prendre le temps nécessaire pour vous enquérir de la pertinence de nos revendications relatives à cette justice sociale, cette réparation cette restitution et surtout cette stabilité auxquelles aspirent tous ces peuples dont l’empire leur a porté des préjudices irréparables.
Le 18 mai dernier vous avez fait mention d’Haïti au cours d’un entretient public. Vous n’êtes pas sans savoir non plus que nos ancêtres aient aussi participé activement à la bataille de Savannah en 1798. Et chacun de leur globule gicle encore sur les parvis de la liberté étasunienne.
Au cas où vous seriez informé de la situation de notre pays, vous sauriez qu’elle est catastrophique au point que nos compatriotes, en raison du désespoir ne cessent de défier les milliers de dents de requins pour atteindre la terre étasunienne pour être ensuite refoulés en Haïti.
Plus de deux siècles après la déclaration de l’indépendance d’Haïti, notre dignité de peuple croupit ignoblement sous les semelles maculées de sang d’une sordide occupation. Plus de 10.000 gendarmes internationaux, logés à l’enseigne de la MINUSTAH, insultent depuis 2004 la terre sacrée de Dessalines.
Ces tueurs à gage de profession, sans foi ni loi, tentent de stabiliser les masses populaires dans les ornières de cette misère infrahumaine et cette pauvreté prodigieuse. Assurés d’une absolue impunité ces stabilisateurs mercenaires sont quotidiennement coupables de violences avilissantes et d’outrages inqualifiables.
Venus des confins inaccessibles de l’Orient, s’enrichir à la faveur de la déstabilisation, ils violent des adolescentes, volent comme bon leur semble, massacrent des femmes enceintes, des vieillards et des nourrissons sous de présomptions discriminatoires de Chimè, Bandits, Voyous, Rat Pa Kaka ou de Kokorat. Pour nos milliers de frères, Paysans ou Cacos crapuleusement assassinés par les marines, nous revendiquons justice et réparation.
Monsieur le Président, cette correspondance, se veut être le cri de douleur de chacune de nos sœurs impitoyablement déflorées par les militaires nord-américains pendant cette odieuse occupation. Et c’est une évidence que nous revendiquions aussi justice pour ces 19 interminables années de viol (1915 à 1934). 94 ans après les marines aient pillé nos réserves d’or à la Banque de la République, nous revendiquons haut et fort restitution.
Vous connaissant pour un dirigeant probe, incorruptible et juste nous sommes certains que vous accordiez suite à nos équitables et augustes revendications. Vous conviendrez avec nous son excellence que nos réclamations sont justes. Le peuple haïtien persistera à réclamer des Etats-Unis Restitution et Réparation pour le pillage de ses ressources au cours des 19 ans d’occupation de 1915-1934 jusqu'à ce que justice soit faite.
Change, yes we can ! Tel fut le slogan de votre campagne quand vous étiez à l’affût de la Maison Blanche. Par expérience par décence et surtout par réflexe de sceptique, nous savions qu’un océan infini de contradictions inconciliables oppose le dire et le faire. Point n’est besoin de vous dire, Monsieur le Président, que ce changement claironné au son du lambi des promesses électorales, les peuples opprimés du reste du monde attendent qu’il se matérialise enfin.
Change is still just a dream. We mean change it’s just your own dream. Notre flair assez aiguisé nous conseillait de cultiver un agnosticisme calculé par rapport à vos prétentions d’agent de changement. Etant qu’un simple chef d’orchestre, nous sommes conscients que vous êtes drastiquement limité dans vos moindres mouvements. Mais malgré ces contraintes nous sommes certains que vous n’entendez modifier ne serait-ce qu’une infime partie de vos prérogatives. Certes, vous ayez promis du changement à profusion et ceci gratis ti cheri. Ainsi, êtes-vous dans l’impérieuse obligation d’honorer scrupuleusement vos engagements. Chez nous en Haïti, un vieil adage stipule que Ti pommés se gwo dèt.
Vous vous verrez Monsieur le Président, dans l’obligation de bouleverser ces partitions d’abus, d’injustice d’exactions et de violences sanguines, de guerres destructrices écrites dans les secrets de la nébuleuse de l’establishment. Sans nous perdre dans des fécondations dialectiques, nous vous faisons parvenir nos revendications dans un langage clair et précis.
Monsieur le Président des Etats-Unis, en proie à cet effondrement économique épouvantable, vous avez bien promis du changement. Alors, donnez-nous en donc. Puisque les pays martyrs et les peuples opprimés en ont tellement besoin. Bien avant d’exprimer nos revendications, nous vous donnons la ferme garantie que nous disposons d’assez d’arguments convaincants pouvant soutenir notre vibrant plaidoyer.
Nous réclamons:
1) Retour physique et sans délai du Président Jean Bertrand Aristide, victime d’un coup d’Etat kidnapping le 29 février 2004 à cause de sa vision planétaire de la lutte des classes et de l’émergence des masses populaires.
2) Restitution de tous ces ors ainsi que d’autres ressources escamotés par les marines étasuniennes au cours de la première occupation 1915-1934.
3) Accorder le TPS aux Haïtiens vivant aux États-Unis pendant que vous travaillez sur des réformes en matière d'immigration.
4) Justice et réparation pour nos milliers de frères, Paysans et Cacos crapuleusement assassinés par les marines.
5) Le départ immédiat et sans condition des violateurs de Droits Humains qui profitent du masque de « stabilisateur » de la Minustha pour violer, assassiner et commettre d’indicibles exactions.
6) Retrait de Monsieur Bill Clinton nommé par Ban Ki Moon et vous, comme nouveau gouverneur d’Haïti. Car notre pays n’a que faire de proconsul, mais de stabilité politique pour parvenir à un niveau de développement au bénéfice des plus faibles.
7) Rapatriement immédiat des ONG et autres organisations bidonnes qui se sont appropriées du pays. A la solde de la mafia internationale elles servent essentiellement à matérialiser les velléités déstabilisatrices des grandes puissances. Ces structures mafieuses profitent de la pandémie de la misère qu’elles ne cessent d’alimenter pour s’enrichir copieusement. Tant qu’elles opèrent sur notre territoire, Haïti ne connaîtra ni de paix ni de stabilité voir de progrès socioéconomique durable.
8) Que cesse l’asphyxie économique de notre pays frère Cuba qui croupit sous un embargo criminel depuis tantôt un demi-siècle juste pour avoir revendiqué son droit à l’autodétermination.
9) Mettez immédiatement un point final à l’anéantissement de l’Iraq et de l’Afghanistan comme promis au cours de votre campagne. Ne commettez pas les mêmes erreurs que Bush en faisant de cette prétendue lutte contre les « mauvais » terroristes votre seul et unique programme de gouvernement.
10) Mettez en garde le nouvel ambassadeur accrédité en Haïti de ne plus se servir de son poste pour planifier la déstabilisation du pays comme l’ont fait Bourik Chaje en 1991 et James B Foley en 2004.

Pour le Comité de Kadav:

J. Fatal Piard
Coordonnateur


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